Xavier Beulin

795453-beulin.jpgVoici l’homme qui défend dans les médias les « petits » producteurs de lait face au « géant » agro-industriel Lactalis : président de la FNSEA depuis 2010, il symbolise comme nombre de ses prédécesseurs l’étrange habitude française qui pour un dirigeant, mixe cumul des mandats, conflit d’intérêts et aplomb indestructible. La liste de ses titres frise l’indigestion.

Secrétaire-adjoint de la chambre régionale d’agriculture du Centre, vice-président du Centre technique interprofessionnel des oléagineux métropolitains et de la COPA-COGECA (Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne & Comité général de la coopération agricole de l’Union européenne), président de la FDSEA du Loiret depuis 25 ans, de l’Alliance européenne des oléo-protéagineux, du CA de France Agrimer, du Conseil économique, social et environnemental régional du Centre et du « think tank » IPEMED (Institut de prospective économique du monde méditerranéen) !

Surtout et en plus d’une exploitation de 500 ha de céréales et d’atelier de lait de 150 000 litres capacités, M. Beulin préside Avril (ex-Sofiprotéol) un mastodonte de 7 milliards d’€ de chiffre d’affaires qui valorise les oléagineux (huiles Lesieur et Puget, oléochimie pour cosmétiques ou peintures) et s’est diversifié tous azimuts : œufs Mâtines, alimentation animale (Glon Sanders), santé et génétique animale et bio carburants.

Pour cette dernière activité, Diester Industrie n°1 européen du biodiésel, a été épinglé par la Cour des Comptes pour monopole.

Écouté de tous les hommes politiques, M. Beulin ne cache pas sa stratégie unique de l’agriculture, l’industrialisation, minimisant les impacts environnementaux des structures géantes qu’il prône.

Comme l’écrivait Coralie Schaub dans Libération en 2015, « reste une question : comment peut-on prétendre défendre les éleveurs quand son propre intérêt vise à faire grandir les exploitations pour leur vendre toujours plus de tourteaux de colza ? Plus un troupeau grandit, moins il est facile de faire pâturer les vaches, plus c’est juteux pour le fournisseur Avril. L’herbe, gratuite, n’est bonne que pour les comptes des éleveurs. Vous avez dit conflits d’intérêts ? Beulin s’en moque. Plus c’est gros, plus ça passe… »

 

3 comments

  1. ANDRIEN dit :

    c’est bien là le problème mais ses prédécesseurs n’étaient pas moins propres. certains ont été promus ministre de l’agriculture!

  2. Olivier Metzinger dit :

    C’est malheureusement toute l’agriculture (viticulture comprise) ainsi que l’organisation de nos systèmes de gestion de la vie publique qui posent problèmes. Nous semblons incapable de réformer en douceur (sans révolution, sans guillotines…)
    Pourtant nous avons des millions d’atouts pour devenir un Pays moderne et innovant, la peur de l’inconnu pousse sans doute dans cette reproduction générationnelle.

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