Co working viticole

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Un seul lieu de vinification partagé par une dizaine de producteurs différents… C’est le pari lancé l’an dernier par Dominique Lafon et Pierre Meurgey. Du co-working façon vigne et vin.

L’initiative n’a pas d’équivalent en Bourgogne. On pourrait la dénommer « wine studio » ou « pépinière de vinification », pour éviter un nouvel anglicisme. Elle est en tout cas originale.

 

Depuis l’an dernier, Dominique Lafon et Pierre Meurgey (tous deux négociants et viticulteurs en Côte de Beaune et dans le Mâconnais) louent le Château de Bligny-lès-Beaune. Le site étant surdimensionné par rapport à leurs besoins, ils ont décidé de l’ouvrir à d’autres. Ils proposent donc à de petits négociants, de jeunes vignerons qui se lancent, ou en manquent d’espace, de louer conjointement la structure. Une dizaine d’aspirants producteurs, comme Christophe Jolivet et Pierre Brisset, ont ainsi pris leur quartier sur le site. « C’était un vieux rêve », sourit Christophe Jolivet, 56 ans, le nez dans sa cuve de marsannay Les Longeroies. Il donne naissance à son tout premier millésime. Pierre Brisset, quarantenaire parisien et co-fondateur du site VoyagerMoinsCher.com, a eu l’opportunité d’acheter des vignes à Chassagne-Montrachet l’année dernière. Il a lancé parallèlement une micro-structure de négoce visant à produire 4 à 5000 bouteilles par an. Il s’affaire lui aussi entre les cuves et les caisses de raisins. Le Château de Bligny dispose en effet d’une cuverie et de caves bien équipées : tables de tri, pressoirs pneumatiques, cuves inox thermorégulées, etc.

L’idée des fondateurs est aussi d’en faire un lieu d’échange, de partage d’expérience. Exemple cette année : l’un de ces micro-vinificateurs a eu l’opportunité d’acheter une belle quantité de raisins en appellation Côte-de-Nuits villages. Il en a fait profiter 4 autres de ses colocataires. Un état d’esprit encouragé par Pierre Meurger et Dominique Lafon. Avant les vendanges tout ce monde s’est retrouvé pour un barbecue, histoire de favoriser les synergies entre les différentes personnalités. « Au moins on ne connait pas l’angoisse du vigneron qui se retrouve seul devant ses cuves », souligne Christophe Jolivet.

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