Volume, toujours

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Depuis 2001 et sous la direction générale de Federico Castellucci, l’OIV (Organisation Internationale de La vigne et du vin) n’a eu de cesse de souligner le risque puis la réalité d’une production trop faible pour couvrir les besoins du marché. Depuis son départ (janvier 2014) et la nomination d’un haut fonctionnaire français à sa tête (Jean-Michel Aurand), l’institution ne communique plus sur ce thème.

Pourtant, les donnés chiffrées se confirment : pour fournir de quoi satisfaire la consommation de vins (240 millions d’hectolitres) et les besoins industriels (estimés entre 28 à 32 millions d’hl contre 35 deux ans plus tôt !), il faut bien au minimum 270 millions d’hl. Au dessous de ce seuil on peut parler de sous production, au dessus et à l’inverse de sur production.

Depuis 2001, seules 5 campagnes sur 14 ont été sur productrices (1 seule depuis 2007) ; le solde de cette période est juste à l’équilibre et présente depuis 2007 un déficit de 44,36 millions d’hl (à noter qu’avec l’ancienne estimation des besoins industriels ce déficit se creuse à 60 millions d’hl et à 84,36 depuis 2007).

Quelque soit les modalités de calcul et les bases prises en compte la situation du marché est de plus en plus tendue : sa production reste insuffisante.

M. Castellucci avait l’habitude de souligner l’impact de cette tendance (que l’on peut aujourd’hui considérer de moyen terme, les surfaces viticoles plantées ne progressant pas) : elle a certaines années limiter la croissance des échanges (exportations) ; elle a aussi un impact sur la consommation stagnante. Aux États-Unis par exemple, le manque de disponibilités volume a réduit la hausse des achats par les ménages, une sorte de phénomène de pénurie en somme.

Refuser de poser cette problématique comme centrale dans l’analyse du marché paraît assez incroyable : quelque soit la réponse apportée, elle mérite d’être débattue au lieu de sembler ignorée ou pire étouffée.

Interpellée sur ce sujet, l’OIV doit me transmettre (je l’espère) sa vision sur ce sujet… à suivre, donc.

2 comments

  1. Olivier Metzinger dit :

    Les Français des ministères partent du principe que s’il manque de vins les prix de vente augmenteront.
    Moi, je crois que s’il manque de vin les gens consommeront d’autres produits et que ce n’est pas bon pour nous vignerons. Le pouvoir d’achat des peuples n’est pas extensible pour que les prix montent invariablement, bien sur il y a de la place pour des produits haut de gamme, mais quelle part sur les 240 millions d’HL.
    En attendant, hors du haut de gamme les vignerons souffrent et finiront par jeter l’éponger faute d’écoute dans les hautes sphères… Des dizaines de milliers d’emploi détruit, mais qu’importe.

  2. frederic dit :

    Suite à ces chiffres édifiants, je ne comprend pas tout. Nous avons depuis le début de l’année quelques indicateurs qui passent dans le rouge : le départ de Magrez, le départ de Castel vers l’Espagne pour acheter ses vins de table,un effondrement des cours du bordeaux rosé, des grands crus classés qui se mettent à faire du vin de table, les mêmes grands crus éjectés de la GD traditionnelle …mais disponibles en Hard Discount etc..Et au milieu de tout cela le tonneau de bordeaux rouge resta ferme aux alentours de 1200€ ce qui me parait plutôt être une bonne nouvelle Alors du coup, Fabrice, qu’en penses tu ?

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