Volume & prix

Ainsi, le millésime 2014 devrait être quantitativement de bonne tenue : annoncée à 5,5 millions d’hectolitres, la récolte bordelaise permettrait d’oublier une année noire. 

Les autorisations demandées pour les rendements traduisent cette volonté de rentrer un maximum de volume. Pour les AOC « génériques » en rouge, 57hl/ha (+5 de VCI) donneraient un niveau inédit depuis plus de 10 ans ; en blanc sec et rosé, les 70 hl/ha (65+5) seraient même atteints !

Il faut se réjouir de ces données tant l’importance du volume est primordiale à la fois pour ouvrir la possibilité de rentabilité économique des exploitations mais aussi (surtout) pour approvisionner un marché sous producteur. Les parts de marché abandonnées ne peuvent se reconquérir sans de significatives disponibilités.

Un « sourcing » garanti est devenu l’argument numéro 1 pour les acheteurs de la distribution : deux grandes enseignes internationales se sont « couvertes » en achetant 18 mois à l’avance des vins parfois non encore produits !

La crainte légitime de la production est de voir les cours repartir à la baisse : les syndicats espèrent au mieux les voir se maintenir à 1 100€ le tonneau pour les bordeaux rouges, ce qui n’est quand même pas beaucoup. Il est temps pour les vignerons de casser cet effet ciseaux, ce rapport obsolète entre offre et demande.

La commercialisation qui revient à ne pas vendre un vin mais un concept, une réponse aux besoins des distributeurs ET des consommateurs, donne les clés pour atteindre cet objectif : le prix « marché » est le prix de vente consommateur, celui qu’il est prêt à donner à un produit. La préoccupation majeure des acheteurs se centre sur la revente et non sur le prix d’achat, sur les services autour du vin (budget marketing, suivi, approvisionnement) et non sur la seule qualité du contenu de la bouteille.

Souhaitons que la campagne 2014/15 aille dans ce sens et donne en retour aux vignerons la valeur réelle et méritée de leur travail.

2 comments

  1. Coraline dit :

    Quelles sont ces 2 grandes enseignes internationales qui ont acheté du vin non encore produit?

  2. Montpeyroux dit :

    La suffisance d’un certain nombre de négociants devrait créer une révolution dans le milieu fermé des opérateurs oeuvrant avec le CIVB. Depuis des siècles, ce sont toujours les mêmes qui prennent les risques, et toujours les mêmes qui empochent des bénéfices sur le dos des producteurs. A force de se coopter,et de considérer comme pestiférés ceux qui ne voient pas du même oeuil , nous arrivons dans un immobilisme dramatiquement étouffant pour la totalité de la filière viti-vinicole bordelaise.

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