Vino Business (3) : ce qui est révélé (fin)

vinoLa conséquence la plus directe de toutes les étranges évolutions pointées du doigt par Isabelle Saporta est l’uniformisation des vins. Les « wine makers » devenus des stars internationales (Rolland, Thunevin, Dubourdieu, Lurton, De Renoncourt), répandent dans le monde entier le goût « à la Parker ».

Il ne faut pas s’étonner que le vin ait changé au gré de la transformation de son statut aux yeux des consommateurs : les vins boissons des années 1930 n’ont plus rien à voir avec les vins plaisir d’aujourd’hui. Que donc le fruit, la souplesse ou le fondu soient plus demandés n’a rien d’étonnant ou de scandaleux.

Par contre, ces tendances de fond qui d’ailleurs sont très lentes à se dessiner et se modifient peu, ne peuvent masquer la volonté des faiseurs de vin, d’industrialiser un produit facile à reproduire ainsi aux quatre coins du globe. Soutenus par les prescripteurs qui influencent l’opinion, par certains journaux professionnels (« La Vigne » est ici dénoncé), ils clament comme Jean-Philippe Fort (œnologue chez Rolland), des adages néo-libéraux car appuyés sur le pragmatisme et l’absence d’alternative : « on ne peut nourrir la planète avec des trucs naturels » !

Leur cynisme effraie tout autant que leur puissance économique, les tenants du terroir, les vignerons qui eux, veulent valoriser les possibilités de la nature.

Reprenant les arguments de « Mondovino », Isabelle Saporta se pare des vertus des « petits » avec un mélange d’opportunisme et de raison.

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