Vino Business sur France 3

vinoBien plus beau et équilibré que le livre, le film Vino Business a donné à voir deux mondes qui coexistent, voir s’affrontent, deux visions du vin : les tenants d’une agriculture intensive incarnés jusqu’à la caricature par Jean-Philippe Fort (œnologue chez Michel Rolland) et ceux d’une production proche de son terroir et de la nature. Sans s’abandonner aux clichés (les modernes riches et cyniques contre les bobos bio), le propos souligne la tentation de l’uniformisation du goût et le discours superbe de vignerons qui dénoncent la « peur qui mène le monde », expliquent que le plaisir disparaît quand on lisse les différences et supprime les problèmes et surtout gardent confiance en la nature quelques soient les circonstances.

Il faut écouter Stéphane de Renoncourt « allumer » les Chinois qui veulent à tout prix planter de la vigne dans un désert ouïgour et vendent 300€une bouteille de production locale, juste « dégueulasse » !

On reste saisit par le poids terrible et simplificateur des images qui montrent le bordelais terre de pesticides face à une Bourgogne (au travers du sympathique Dominique Derain) refuge des traditions.

La démonstration devient implacable pour dénoncer les dérives hallucinantes des Grands Crus : il faut d’ailleurs reconnaître à Hubert de Boüard  le mérite de la persévérance. Après avoir été étrillé dans le livre, le revoilà devant Isabelle Saporta, sûr et fier de lui, ridicule dans un incroyable numéro de cabotin dont l’impact semble fort négatif : Hubert joue à James Bond, Hubert inaugure ses cloches bénies par l’évêque du diocèse, Hubert voit un lien divin quand le soleil perce la brume pour illuminer sa manifestation. Mais, sa défense est inexistante quand les questions touchent à la contestation du classement de Saint Emilion et aux accusations portées contre lui.

Quant à Jean-Luc Thunevin, il apparaît le seul des « grands » à maîtriser à la fois sa communication et le contexte ; son illustration de l’évolution du prix de la vigne est limpide : du haut d’un plateau, il montre à la caméra qui n’a même pas besoin de bouger, une parcelle de Côtes de Castillon à 20 000€ l’hectare séparée par la route d’une autre de Saint Emilion à 600 000 ; celle voisine de grand cru monte entre 1 et 2 millions d’€, et celle qui l’entoure classée 1er Grand Cru explose entre 3 et 4 millions. Tout est dit.

Le documentaire a été suivi d’un pseudo débat où Isabelle Saporta en bonne disciple de Jean-Jacques Bourdin était gonflée à bloc et sur préparée : elle a passé son temps à hurler sur Jacques Dupont du Point, venu selon elle « défendre l’honneur de ses copains Moueix » (!) et sur Bernard Farges, président du CIVB, accusé de tous les maux dont celui d’abandonner les vignerons de sa filière aux seuls Grands Crus. Ce dernier, mal à l’aise  face à cette furie, a tenté comme à son habitude avec courage mais trop peu d’arguments.

Cliquez ici pour (re)voir le documentaire.

4 comments

  1. Olivier Metzinger dit :

    Bonjour,
    Je suis plutôt déçu, ce reportage qui explique que les grands crus c’est indécent… spéculation foncière et tout le reste, n’a pas montré un seul petit vigneron pour pouvoir comparer concrètement (si, si, il en reste encore des vrais à 1200 euro du Tx).
    Ce film qui explique que ces grands crus monopolisent tout, se fait fagocité en ne montrant qu’eux!!!
    Oui, j’oubliai distraitement qu’ils sont vendeur… pas nous (le luxe fait réver, c’est le fond de commerce d’une certaine presse).
    Certaines questions méritent d’être posé, mais franchement les amalgames sont affligeant.
    Je veux bien essayer la viticulture qu’elle nous vante mais à combien il faut vendre la bouteille pour s’en sortir? 15, 20 euro (c’est trop cher pour moi).

    Olivier

  2. Frédérique dit :

    Bonjour , encore une fois un reportage qui n’est pas du côté des vignerons bordelais. Le problème c’est qu’en voyant un reportage comme celui-ci, les personnes ne connaissant pas notre milieu vont se poser des questions. Je n’ai pas tout regardé et vu l’inquiétude de certains vignerons , j’ai bien fait.

  3. Philippe dit :

    Reportage qui une fois de plus montre le vignoble bordelais sous des aspects peu représentatifs. Le vignoble bordelais serait-il devenu le symbole de la pollution par pesticides? Aucune image aucun commentaire de tous ces vignerons bordelais qui, s’ils ne sont pas des locomotives, travaillent fort bien et h ils sont majoritaires dans ce cas. Au lieu de focaliser sur des crus qu’elle n’a cessé de critiquer, Isabelle Saporta en bon journaliste aurait dû « creuser » un peu plus son reportage.
    Quant au débat, pour une journaliste on peut mieux faire. Elle devrait s’inspirait des disciplines « zen » des Chinois l’auditoire y gagnerait dans la compréhension.
    Il est guère plus agréable d’entendre des œnologues reconnus critiquer des investisseurs alors que ce sont ces derniers qui leur permettent de vivre confortablement notamment lorsqu’ils sont invités (et rémunérés).
    Je passerai sous silence les responsables de grands crus dont l’image ressemble plus à la caricature qu’aux businessmen qu’ils veulent représenter.
    Reportage décevant, acteurs mal ciblés, une totale erreur de casting. C’est dommage car il y avait matière à présenter un reportage intéressant avec de belles images.
    Isabelle Saporta peut me contacter à l’adresse suivante: gaetan.nepveu@gmail;fr

  4. FREDERIC dit :

    J’ai moi aussi regardé vino rolland business.A part l’argent des grands crus vomis un petit peu partout; hubert de bouard pathétique de couardise et d’hypocrisie (pourtant il a vu Dieu et 007), Roland(omniprésent); Parker et autres vendus à la finance viticole, que retenons Nous?
    Pas grand chose!Rien sur les petits viticulteurs d’en bas…les sans dents!ils vont pouvoir crever tranquille. La guerre aux pesticides ? C est dans le collimateur.La réglementation sur ce sujet va devenir drastique et ne laissera sans doute aucunes chances aux plus petits d’entre nous,et ce n’est pas l’interprofession qui y changera quelque chose.ça se saurait…Soyons surs qu’un nouveau cahier des charges sera crée par nos belles ODG
    Au moment ou ce reportage passe à la télé,le tonneau de bdx rouge continue de descendre sans que les viticulteurs en aient une quelconque maitrise à moins que la 10° fortune de France (et habitant en Suisse) n’y soit pour quelque chose…mais non…mon imagination me joue des tours!

    Et pour paraphraser le regretté Coluche  » ils vont être contents les petits viticulteurs d’apprendre qu’ils habitent dans une région de riches grands crus’

    Partons donc nous mêmes vendre nos vins Bon courage et bonnes vendanges à tous!

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