Vino Business (2) : le vrai scandale

vinoQue des personnes peu scrupuleuses s’en mettent plein les poches dans l’indifférence générale passe encore (!), mais ce que souligne avec le plus de pertinence Isabelle Saporta, c’est la bombe à retardement qui éclatera un jour au su et au vu de tous, qui déclenchera alors une crise dont personne ne peut encore mesurer l’ampleur : l’utilisation des pesticides.

Sans chercher à tomber dans la paranoïa ou le catastrophisme, la viticulture française devrait vite se saisir de ce recours sur dosé et systématique à des molécules chimiques dont les effets sur la santé aujourd’hui connus sont catastrophiques et dont la présence dans le produit fini est avérée. L’épandage par hélicoptère, pourtant interdit mais qui continue à bénéficier de « dérogations permanentes » (76 par an en Champagne), même s’il est absent du bordelais, est la caricature d’un usage inutile et dangereux de tels intrants. La pollution engendrée est durable (!) et l’effet du traitement infinitésimal (80% de perte d’efficacité).

Pourquoi comme Isabelle Saporta le rapporte, ne pas suivre les quelques scientifiques ou vignerons courageux (Pascal Chatonnet, Alain Dourthe sont cités) qui demandent l’arrêt de ces pratiques, le recours à une agriculture raisonnée (le bio est souvent contaminé par ses voisins), le respect à la fois du produit et du consommateur.

Car disons le clairement : 30% des substances utilisées se retrouvent dans le vin ; toutes les études montrent que les niveaux de ces molécules dans le vin dépassent ceux autorisés pour l’eau par exemple. Les impacts sur la santé humaine détaillés dans le livre font froid dans le dos. Les Suisses, les Américains et même les Chinois ont déjà (un temps) bloqué des vins français « contaminés ». Or jusqu’à ce jour, les autorités nationales comme professionnelles nient le problème, se couvrent d’études qui masquent la réalité, financent des travaux qui tentent d’effacer ces produits de la bouteille plutôt que d’en interdire l’utilisation ou de rechercher des alternatives biocompatibles.

Si rien ne change, un scandale d’empoisonnement surviendra tôt ou tard dont la viticulture aura du mal à se relever (voir les affaires de la « vache folle », de « Spanghero », du poulet à la dioxine, de la grippe aviaire, etc.). L’exemple donné à ce titre à la fin du livre est d’ailleurs édifiant.

(à suivre…)

Relire aussi l’article du Monde.fr (cliquez ici) sur la faute inexcusable reconnu envers un salarié intoxiqué au pesticides.

5 comments

  1. Laporte dit :

    Bonjour,
    Attention à ne pas stigmatiser la viticulture en général, j’ai un doute quand aux pratiques qui sont engagées dans cette article, parlons un peu de ce qui se passe chez nous et laissons les viticulteurs se défendre et d’ailleurs pourquoi ne les entendons nous pas !

    Sur notre propriété nous ne mettons pas de pesticides, SAUF avec l’avis du GEDON (organisme interprofessionnel) qui plusieurs fois par an effectue de comptage énorme sur tout le vignoble pour suivre l’évolution de la flavescence dorée (maladie impossible à gérer sans pesticide qui a amenée à plusieurs viticulteurs à arracher leurs vignes et après plusieurs années ne sont toujours pas replantées).

    DONC cette année nous avons fait UN traitement pesticide sur 3HA au lieu de 9,5HA. Le traitement pesticide est NORMALEMENT TRÈS régulé pour les vignerons consciencieux.

    Ensuite ne pas confondre pesticides et molécules chimiques pour traiter les maladies tout le long de l’année. Bien sûre nous utilisons ces molécules chimiques car il n’existe pas de curatif en non conventionnel pour le mildiou par exemple et la viticulture doit rester viable.En chimie c’est comme en médecine, vous faite confiance à votre médecin pour vous donner le moins d’antibiotiques par exemples (la médecine est une catastrophe écologique, sanitaire d’une ampleur bien plus importante en tout cas en France)et il est possible d’utiliser sur le terrain des doses « intelligentes » (dosage calculé suivant le risque, éviter les produits cancérigènes …). Ne stigmatisons pas la chimie et essayons aussi de trouver car c’est possible si les pouvoir publiques le veulent de baser leur recherche sur des produits écologiques, inoffensifs pour traiter de façons curative certaines maladies.

    Certaines questions méritent d’être posée !

    • Laporte dit :

      Nous sommes des vignerons consciencieux, humains et il n’y a pas de label pour ça !

      Et désolé pour les fautes d’orthographe.

    • Laporte dit :

      http://www.gdon-libournais.fr/

      C’est limiter le recours aux produits phytosanitaires par, par exemple un comptage, un piégeage des nuisibles sur toutes les parcelles concernées.

      C’est 12200HA et 1300 châteaux pourquoi ne pas étendre cette pratique efficace je le pense sincèrement ?

    • Laporte dit :

      Vous avez même la carte des traitements obligatoires 2014 en bleue, Un traitement obligatoire et un deuxième suivant comptage !

    • Laporte dit :

      « Le nombre de pieds contaminés est plus faible que la moyenne départementale. Le GDON du Libournais présente un bilan vierge de tout arrachage parcellaire pour cause de contamination FD (flavescence dorée) > 20%. Ces résultats sont obtenus avec un niveau de traitements insecticides parmi les plus bas de France en zones contaminées. »

      « Depuis la création de la structure en 2007, c’est près de 90 000 ha de vignes sur lesquels l’obligation de traitement insecticides a pu être évitée. »

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