Vino Business (1)

Quandvino se déclenche une polémique, il vaut souvent mieux laisser retomber le soufflet médiatique pour analyser dans le fond l’origine du phénomène.

Au premier trimestre 2014, Isabelle Saporta publiait Vino Business, un brûlot sur la filière viticole, ciblant en particulier Bordeaux, ou du moins, la partie la plus visible de l’iceberg girondin : les grands vins.

Journaliste formée à Sciences Po, collaboratrice de Jean-Pierre Coffe pendant des années, elle travaille pour Jean-Jacques Bourdin sur RMC ou le magazine Marianne et avait déjà provoqué un scandale en 2011 avec  Le Livre noir de l’agriculture, comment on assassine nos paysans, notre santé et l’environnement chez Fayard.

Qu’en reste-t-il quelque mois après, le tourbillon de l’immédiateté l’ayant effacé de la une ?

En lisant ce livre document, on en perçoit très vite les qualité et la limite : de façon incontestable (chiffres, sources, entretiens datés et cités, personnes nommées), Isabelle Saporta met le doigt là où cela fait le plus mal et dénonce les dérives d’un système qui atteint aujourd’hui une sorte de point de non retour.

Elle dénonce pêle-mêle la spéculation indécente autour du foncier des grandes AOC (l’hectare de Pomerol passe entre 1992 et 2012 de 220 000€ à 2,35 millions d’€), l’inflation des prix des grands crus classés, la complicité des wine-makers (Rolland, Dubourdieu, Lurton, Thunevin, …), des critiques (avec au 1er rang Parker), de certains producteurs aux multiples casquettes Hubert de Broüard, Jean-François Quenin) et le maquillage des échantillons. Le tout sous la coupe réglée des méga financiers / investisseurs (MM. Arnault et Pinault, le Crédit Agricole, les assurances comme AG2R-La Mondiale) qui se gavent de marges. Bref les 5 à 6% de la production qui capte l’attention, les projecteurs, banalisent le notion de terroir, détourne celle de qualité et vont jusqu’à nourrirt le blanchiment d’argent sale ; l’arbre qui cache la forêt.

(à suivre…)

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