SOS

étape 1/ mobilisation : création d’une association « SOS Vignerons sinistrés »

« La grêle qui s’est abattue sur les vignes en août dernier, plusieurs la surnomment « la goutte d’eau ». Celle qui les précipite vers la banqueroute. Plus de quatre mois après le violent orage, qui a particulièrement ravagé les vignobles de l’Entre-deux-Mers, une association vient de se créer dans le département. « SOS vignerons sinistrés » souhaite rassembler un maximum de viticulteurs se retrouvant dans une situation financière désastreuse.

Mercredi soir, dans la salle des fêtes de Nérigean, une grosse soixantaine de professionnels de la vigne ont donc assisté à l’assemblée constituante de la toute nouvelle structure qui se veut apolitique et en dehors des syndicats. « Les syndicats ne sont pas représentatifs de la base, explique Jean-Etienne Garzaro, viticulteur à Nérigean et Baron. Et nos revendications ne sont pas représentées par les syndicats. »

Les aides déjà apportées par les collectivités ou l’Etat, s’ils ne crachent évidemment pas dessus, demeurent « insuffisantes ». SOS vignerons sinistrés, pour sa première sortie, a donc lancé quelques pistes de travail : la suppression des mesures d’exclusion des aides pour ceux qui ne sont pas assurés, réclamer davantage d’aides directes des collectivités et de l’inter-profession, la mise en place d’une caution bancaire par le CIVB, le dégrèvement des cotisations MSA et CIVB ou la possibilité de toucher le RSA dès le début d’année prochaine.

« Notre but, c’est d’aller au devant des collectivités, de l’interprofession en tant que sinistrés, de renouveler des demandes précises car ces instances n’ont pas pris la mesure du drame qui se noue », livre Dominique Techer, un autre viticulteur.» Sud Ouest 12/12/2013 Contact : sos.vignerons.sinistres@gmail.com Présidente Florence Cardoso 06 43 86 80 19

étape 2/manifestation

Article blog Sud Ouest

«Des années voire des décennies que Libourne, la cité sous-préfecture girondine, n’avait pas vu ça. Ce mercredi matin, comme annoncé, une trentaine de tracteurs et plusieurs dizaines de viticulteurs, venus des cantons de Branne et Castillon-la-Bataille, ont gagné la bastide et manifesté pour qu’on leur vienne en aide.

L’association SOS Vignerons sinistrés, créée en fin d’année dernière et à l’origine de cette action, a appelé ce rendez-vous, « le jour des oubliés ».

Touchés par les grêles ravageuses de l’été 2013, ces viticulteurs réclament notamment la « suppression des mesures d’exclusion pour accèder aux aides » et particulièrement des « aides directes de l’interprofession (le CIVB, Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux) », fortement pointée du doigt lors de cette manifestation.

Ce mercredi matin, sur une tribune dressée sur la place Abel Surchamp, colonisée par les tracteurs et les pancartes, les viticulteurs sont venus s’exprimer sur leur situation financière précaire. Selon Dominique Techer, membre de SOS Vignerons sinistrés, plus de 2000 exploitations seraient dans le rouge à cause de soucis économiques.

Certains élus, notamment le député Florent Boudié, les conseillers régionaux Philippe Buisson et Jean-Paul Garraud et les conseillers généraux Guy Marty et Isabelle Hardy, sont venus les soutenir.

Une délégation de viticulteurs a également rencontré le sous-préfet, Eric de Wispeleare, en fin de matinée.» Sud Ouest 12/03/2014

étape 3/ rien… ou quoi ?

Une nouvelle fois – après les collectifs de l’Entre-2-Mers puis de Castillon, après le comité d’action anti-CVO – la base des viticulteurs girondins s’est retrouvée pour essayer d’être entendue et d’influencer les politiques et les institutions. Chaque fois, le soufflet est retombé sans résultats concrets, laissant beaucoup d’amertume dans la bouche de ces « indignés » sincères, en situation économique tendue voir dramatique et trop isolés.

Un constat si cruel devrait amener à tirer quelque enseignements même si pour l’instant, il n’en est rien : au delà de la nécessaire colère à chaud, de l’élan qui réunit et ouvre la voie à la solidarité, ces producteurs doivent comprendre que leur destin ne se joue pas à court terme et qu’il reste entre leurs mains.

S’il faut des mesures immédiates qui sauvent, donnent un bol d’air immédiat, les vignerons doivent mesurer leur force : à chaque fois, ils sont plusieurs centaines à se mobilier.

Que ne se retrouvent-ils si nombreux à peser sur les élections professionnelles, à se présenter en liste pour jouer le jeu de la démocratie aussi imparfait soit-il.

Que ne formalisent-ils pas un plan de mesure qui leur assure non la survie mais la rentabilité, l’efficacité, la capacité de vendre pour obtenir un revenu digne de leur travail.

Ces groupes doivent produire du contenu capable d’influencer – notamment l’interprofession – plutôt que de condamner, de rejeter la faute sur « l’autre », du négociant à l’Europe en passant par le CIVB et le gouvernement. Offrir une plateforme mobilisatrice et positive de propositions qui se détachent du corporatisme et de la demande de subventions si peu compréhensible pour le public en période de crise économique.

Mais ce n’est qu’un vœu pieux…

One comment

  1. VignerondeRions dit :

    Je crois, Fabrice, que la réalité de l’interprofession vous échappe. Pour arriver à siéger au CIVB il y a 6 ou 7 niveaux d’élections suivant les ODG. Effectivement un scrutin de liste avec un programme serait peut être une opportunité de rétablir un minimum de démocratie, et de pluralité d’idées.
    Concernant mes collègues manifestants, ils ne sont pas plus dépassés que notre système, qui va s’autodétruire par sa non capacité à évoluer et se moderniser.
    Qui d’autre que le Président du CIVB et ses troupes, utilise moult subventions Européenne, pour arracher, pour distiller, pour replanter, pour investir, pour s’assurer contre les aléas climatique alors qu’il est possible de s’en passer en étant un minimum novateur.
    On peut mettre les chiffres sur la table quand vous le souhaitez. Cordialement

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