Série été 2016 : le paradigme.

Image1La viticulture intégrée intègre la nécessite d’un changement de paradigme c’est-à-dire des « conceptions théoriques dominantes ayant cours »* dans la filière et qui fondent tous « les types d’explications envisageables »*. Deux exemples pour illustrer cette inversion du point de vue, à la fois simple et révolutionnaire, facile à comprendre et si complexe à mettre en œuvre.

Mettre la technologie au service du terroir.                                                                 Partir du consommateur.

La viticulture est un des secteurs économiques qui a le plus innové et investit dans son appareil productif depuis 50 ans ; ce « gap » technologique a permis de donner des moyens qualitatifs jamais atteints aux exploitants et metteurs en marché. Mais dans quel but ?

L’objet de tels progrès pouvait se fonder dans une démarche pérenne de valorisation du patrimoine foncier du vigneron : le terroir (mot apparemment n’existe qu’en français) peut se définir comme un sol – un espace- aux caractéristiques (géologiques, climatiques, d’exposition, …) spécifiques révélées par le travail humain ; cette interaction donne naissance à une culture propre géographiquement identifié. Lui donner un prix et le préserver dans le temps long peuvent s’inscrire comme but premier de l’agriculteur.

La technologie peut et doit se soumettre à ce temps long, sinon elle se transforme d’outil en finalité ; elle n’offre que ses risques : uniformisation et industrialisation, épuisement de la ressource, perte d’identité… Surtout, elle peut faire croire à une recette miracle, sorte de marketing de l’offre qui voudrait qu’il suffise de bien produire pour vendre ou qui fantasmerait sur ce vin que le consommateur attend.

Car sait-on réellement ce que veut le consommateur ? (relire l’article « Dégustez, dégustez… »).

Ce personnage clé du marché, dont on parle beaucoup, peu d’acteur en tienne compte ; partir de sa vision des choses implique beaucoup de remise en question.

Ainsi si l’on parle du prix, faut-il se débarrasser des notions de coûts de revient, de tarif, de facturation, de cours de vrac … pour partir du PVC prix de vente consommateur et donc pour définir le positionnement du vin. Garantir au consommateur quelque soit le circuit, le pays, la cohérence de ce prix, sa stabilité, le lui expliquer comme lui proposer un moment de consommation clair, puis trouver à partir du PVC la rentabilité de l’entreprise, voilà l’enjeu.

Toute réflexion, toute décision doit tenir compte en premier du consommateur, s’évaluer à son aune.

*source www.cnrtl.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


− trois = 2