Série été 2016 : gouvernance & investissements

orgaComme beaucoup d’institutions, la filière viticole traverse une crise de gouvernance : héritées des années 1970, ses structures semblent souvent en décalage face aux problématiques posées. Toujours efficaces sur bien des plans, elles sont pour la plupart d’entre elles, bien en peine de produire et surtout de mettre en œuvre une stratégie suivie et efficace.

Au niveau politique, leur influence, leur « lobbying » restent primordiaux ; elles arrivent ainsi à peser sur les décisions et à porter une voix entendue en Europe. Sans contexte, elles sont un outil qui charpente la vie viticole et à ce titre, démontrent leur caractère incontournable.

Mais, elles se sont – comme tous les corps intermédiaires français – déconnectés de leur base, c’est-à-dire du monde entrepreneurial viticole. La préoccupation majeure des vignerons est de vivre de son travail, de pérenniser son outil et son patrimoine pour pouvoir le transmettre, de se sentir libre d’investir.

Or sur ces trois sujets, le chef d’entreprise viticole se sent bien seul depuis trop longtemps : certes, il reste sous un incroyable robinet de subventions matérielles et dans un cadre de contraintes qui malgré son poids administratif de plus en plus pesant, le soutien et le légitime. Pourtant, il aspire à mieux. Il aimerait qu’on lui montre une direction, un but commun fait de valeurs et d’objectifs ; il voudrait se voir offrir les moyens de son indépendance et la reconnaissance de ce qu’il représente : un acteur économique de première importance, apportant des excédents au commerce extérieur indélocalisables, un soft power culturel mondialement apprécié et reproduit, un aménagement du territoire ouvrant des perspectives touristiques comme écologiques.

Il a donc besoin de représentativité directe, de non cumul des mandats, de fluidité institutionnelle et de soutien opérationnel ; que les milliards d’€ d’aides lui permettent de bien vendre pour s’autonomiser et construire son propre modèle économique.

à suivre …

2 comments

  1. FEYDIEU dit :

    Voilà qui résume bien la situation de notre filière…Mais alors, quoi faire, comment faire et surtout qui entreprendra la révolution (car il s’agit bien de ça !!!) nécessaire au remaniement qui nous donnera l’énergie pour avancer autrement ?
    Le sujet est vaste et risque de faire grincer des dents…

  2. […] évoluer dans le sens présenté dans l’article ici, il me semble que la « révolution » n’est pas nécessaire ni […]

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