RVF & business

 

Vino business : les faiblesses du documentaire

Pour entretenir la flamme d’un débat qui ne semble pas prêt de s’éteindre, vous pouvez lire ci-dessous le commentaire de la Revue des Vins de France, publié suite à la diffusion de Vino Business : la « bible RVF » dénonce les « faiblesses du documentaire ». Cela n’étonnera personne tant Isabelle Saporta s’en est pris à ce genre de support et tant la RVF est proche (dépendante ?) des grands noms que la journaliste ne cesse de vilipender.

Cependant, il est intéressant de connaître une argumentation étayée, une prise de position assumée contradictoire aux propose de Vino Business. A vous de juger car les éléments exposés (absence du goût, œnologie fer de lance de la qualité et autoflagellation) ne cesseront d’être repris par les partisans du vin « à la Michel Rolland ».

« Le documentaire (…) est desservi par de nombreuses inexactitudes. Le goût du vin en est le grand absent.

Après le livre paru en mars 2014, « Vino Business » se décline désormais en documentaire diffusé sur France 3 lundi 15 septembre à 20h45. On se souvient de la vive polémique ouverte par le livre et la description très sombre que propose son auteure, Isabelle Saporta, des coulisses du monde du vin et de Saint-Émilion en particulier. Hubert de Boüard, co-propriétaire de Château Angélus, avait d’ailleurs porté plainte contre la journaliste et son éditeur pour diffamation publique. Il est notamment accusé dans Vino Business d’avoir été juge et partie dans l’affaire du dernier classement de Saint-Émilion. Le documentaire d’1h20 est le résultat de la même enquête de terrain d’Isabelle Saporta. Il revient sur les thèmes abordés dans le livre, pose des questions intéressantes mais laisse également apparaître de nombreuses faiblesses.

DES QUESTIONS LÉGITIMES 
Le recours aux produits phytosanitaires, les bidouillages œnologiques, les failles dans les classements et la spéculation, autant de sujets abordés dans
Vino Business qui ont le mérite de poser des questions légitimes.

Des questions que nous posons d’ailleurs régulièrement dans les colonnes de La RVF, mais auxquelles le film ne fait que répondre partiellement, avec, en tous cas, une position très militante de la part de la journaliste Isabelle Saporta. Bienvenue au pays de la caricature.

BEAUCOUP D’INEXACTITUDES
Point faible du film, un certain nombre d’approximations, voire d’inexactitudes. Prétendre que Bordeaux a, de tous temps, « classé ses meilleurs terroirs » est totalement faux. Ni le classement de 1855 dans le Médoc (établi sur la valeur du tonneau des vins), ni le classement de 1955 à Saint-Émilion (qui intègre de nombreux paramètres comme le prix, la notoriété et le terroir), ne sont, à l’instar de ce qui s’est fait en Bourgogne, des classements de terroir.
De même, la visite guidée du laboratoire d’œnologie de Michel Rolland, dont la journaliste nous explique qu’il sert, à l’aide de nombreux appareils, à modifier le goût du vin, est un nouveau témoignage de sa méconnaissance du sujet. Il s’agit uniquement d’appareils destinés à analyser les différents paramètres du vin et en aucun cas à en modifier la structure.

UNE VISION MANICHÉENNE DU VIGNOBLE
Pour la journaliste Isabelle Saporta, le vignoble français se diviserait donc en deux catégories : les gentils vignerons authentiques (Dominique Techer et Derain), soucieux de la nature, fuyant la spéculation et mettant tout leur coeur à l’ouvrage, et de l’autre côté des suppôts du capitalisme (bordelais, bien sûr !), prêts à tout pour faire de l’argent avec leur or liquide, empoisonnant nature et personnel, bidouillant les vins et achetant les critiques. Une vision un peu courte et terriblement réductrice du milieu.

ET LE GOÛT ?
Grand absent du film, un élément pourtant indispensable du vin, son goût.
Est-il bon ? Que valent aujourd’hui les grands bordeaux et les vins de ces domaines présentés dans le documentaire Vino Business ? Les vins bio sont-ils meilleurs ?
Jamais dans l’histoire du vin, le niveau moyen n’a été aussi élevé, l’œnologie a permis d’éliminer la plupart des défauts qui, il y a une vingtaine d’années seulement, polluaient 3 bouteilles sur 10. De cela, il n’est évidemment jamais question.

AUTO-FLAGELLATION
Enfin, phénomène bien français, alors que le secteur viticole de notre pays fonctionne plutôt bien, que les vins produits par nos vignerons représentent toujours le deuxième poste excédentaire dans notre balance commerciale, n’était-il pas possible de voir les choses d’une manière plus positive, de se féliciter des progrès réalisés, de mettre à l’honneur des centaines de vignerons petits et grands qui aiment leur métier et qui prennent soin de leur terroir au jour le jour, plutôt que de jeter une nouvelle fois l’opprobre sur une profession, certes encore loin d’être exempte de défauts, mais qui contribue largement au rayonnement de notre pays dans le monde. »

Pour entretenir la flamme d’un débat qui ne semble pas prêt de s’éteindre, vous pouvez lire ci-dessous le commentaire de la Revue des Vins de France, publié suite à la diffusion de Vino Business : la « bible RVF » dénonce les « faiblesses du documentaire ». Cela n’étonnera personne tant Isabelle Saporta s’en est pris à ce genre de support et tant la RVF est proche (dépendante ?) des grands noms que la journaliste ne cesse de vilipender.

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