Rien ne marche mais ne changeons rien

C’est une réunion comme il s’en tient parfois, une grande enseigne et ses fournisseurs de la filière viticole discutent du contexte avant de déguster et de sélectionner de nouveaux produits… dans la présentation des chiffres, l’accent est porté sur Bordeaux, toujours leader du rayon : la baisse spectaculaire des ventes (près de -50% en 15 ans !) est décortiquée. Une explication est même avancée : trop peu présente du créneau qui se développe (les vins commercialisés entre 4 et 8€ aux consommateurs), l’appellation se coupe de relai de croissance, pâtit d’une image dévalorisée et n’investit plus dans le suivi… les échanges sont factuels, intéressants et argumentés… pourtant au final, les acheteurs se contentent de vins à moins de 3€ en PVC et les vendeurs d’habituels appels d’offre ponctuels (faire aux vins, coups promotionnels) de gros volumes en 1ers prix !

Cette passivité  frappe tant elle est symptomatique de l’époque : nous disposons de données, d’analyse fine, de bilans et nous en tenons si peu compte pour évoluer, changer, imaginer… dans ce cas, les metteurs en marchés (négociants et producteurs bordelais) sont responsables de ne pas oser mettre en adéquation le constat dressé par l’enseigne, les besoins qui en découlent et leurs propositions. Par peur de froisser leur client, ses habitudes, rien ne va changer alors même que rien ne va !

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