Repères (analyse)

Que peut-on tirer comme enseignements de ces repères ? Il suffit de constater que la commercialisation des vins de Bordeaux qui a été tendanciellement croissante jusqu’au début des années 2000, s’est arrêtée depuis : si entre 1990/91 et 2000/01, les ventes de Bordeaux ont progressé de 25%, elles ont depuis baissé de 8%.

Deux raisons apparaissent sur le 1er graphique : tout d’abord, les ventes en France ont stagné autour de 3,8 millions d’hl avant de fortement se replier (-16% soit -630 000 hl). Ceci vient d’une érosion des débouchés en grande distribution où les AOC volumes (Bordeaux, Blaye, etc.) ont vu leur part dégringoler ; le manque de volume depuis deux ans accentuent un phénomène décennal.

Ensuite et malgré le rebond chinois de ces trois dernières années, l’export n’a pas suivi le développement du marché mondial : alors qu’il passait de 60 à 100 millions d’hl (+67%), les ventes de Bordeaux perdaient plus de 28% avant de retrouver leur niveau de la fin des années 90 !

Ainsi et c’est le graphique n°2 qui le montre, les sorties des chais sous performent.

Dernier enseignement, la part du vrac passe en 10 ans de 58 à 48%.

Ces données peuvent ouvrir de multiples interprétations : celle optimiste veut que se soient ajustées commercialisation et production. Elle souligne aussi que la crise (cours du vrac très inférieur aux coûts réels) a obligé les vignerons à se prendre en main et à s’occuper de leurs débouchés (d’où la part moindre du vrac).

Mais sans tomber dans un négativisme systématique, on peut nuancer ce point de vue en regrettant que Bordeaux ne profite plus des opportunités offertes par le marché et que la faiblesse voulue de sa production obère à la fois son potentiel de conquêtes des pays étrangers et sa capacité à résister à la concurrence intérieure. D’autant que la crise n’est pas passée, que le revenu viticole ne s’améliore pas et que beaucoup des chiffres encourageants des deux dernières campagnes sont en trompe l’œil.

A chacun, à partir des chiffres, de forger son opinion et de bâtir sa stratégie … hélas, une infime partie des entreprises de la filière pousse la démarche jusque là.

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