Réfléchir…

outside the boxEn ce temps de vendanges, les vignerons et leur équipe concentrés sur le devenir du millésime 2014, se laissent peu allés à l’introspection ou à la prospective.

Pourtant, si l’on accepte de faire un pas de côté, de laisser l’espace de quelques instants le stress d’une période exigeante en temps comme en énergie, le regard que l’on peut porter sur le monde viticole est incroyable : autour de trois axes, je vous propose ce tour d’horizon « sorti de la boîte » (pour ceux qui souhaitent d’abord revoir le concept « thinking outside the box », trois clics : 1 puis 2 et 3).

"Penser en dehors de la boîte est difficile pour certaines personnes. Essaie encore."

« Penser en dehors de la boîte est difficile pour certaines personnes. Essaie encore. »

Le monde du vin manque de volumes ! L’année 2013 s’il le fallait, l’a cruellement rappelé à de nombreux producteurs touchés par les intempéries. Partout bruissent des échanges autour des rendements, de l’irrigation, de l’ouverture des droits de plantation ou de la libéralisation des vins de France (ex-de table).

En deux ans, le marché export puis la consommation ont été empêchés par la sous production. Pourtant, rien ne semble pouvoir dévier la chemin tracé depuis des décennies, la doxa acceptée par tous qui veut opposer qualité et volume, empêchant par là le vigneron de se poser des questions. Rentabilité, vente ou marketing restent des « gros mots » ; vision du marché par le consommateur, réservée à de doux rêveurs* ou à d’infâmes libéraux.

Au sein même des propriétés les plus organisées, les plus conscientes, je constate encore un manque cruel de cultures d’entreprise ou commerciale.

Les vignerons sont formidables ! Quelle autre profession peut accepter tant de coups du sort, tant de difficultés, tant de travail pour parfois si peu de résultats ? Combien de passion, de folie aussi pour continuer à être indépendant, « petit », à chercher inlassablement à s’améliorer alors même que le contexte ne s’y prête pas. Avec les consommateurs – à la recherche de lien, de circuits courts et de valeurs – les deux bouts de la chaîne du marché du vin tiennent le coup : je vois là un espoir pour l’avenir.

Les revendeurs  comme les intermédiaires passent, les producteurs et les destinataires finaux, seuls acteurs indispensables pour que vive une filière, demeurent : ainsi, 40 ans plus tôt la grande distribution qui semble faire la pluie et le beau temps, n’existait pas ; ainsi le négoce est-il défini aujourd’hui aujourd’hui par Larousse comme un « commerce ancien » !

La révolution est en marche ? Fort de ces constats et des évolutions en cours – « verdissement » nécessaire de l’activité, autonomisation des vignerons, centrage sur les produits cœur et haut de gamme, etc. – il devient possible de lever le nez du quotidien, pour regarder vers cet horizon indépassable et provoquer une (r)évolution vers un nouveau modèle plus équilibré : sortir du cadre pour s’en sortir ! Malgré les échecs rencontrés, je ne me lasserai pas de répéter ce message, tant que du moins, le marché continueras à nous délivrer des messages (statistiques, études, analyses) favorables.

*petit nom dont m’a affublé une personne qui ne croit pas en mes « méthodes

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