Qui veut produire des vins de table ?

Depuis 2 ans, industriels et intermédiaires de la filière viticole française, réclament un plan de reconquête du marché des 1ers prix, les VSIG, vins sans indication géographique, ex-vins de table.

Leur constat paraît limpide : la France importe de plus en plus de VISG – près de 10 millions d’hectolitres, d’Espagne principalement ; pourquoi laisser ce segment aux autres et ne pas l’exploiter nous-mêmes ? Pourquoi ne pas planter des surfaces supplémentaires dédiées à ces vins ?

Pour évident que paraisse le raisonnement, il masque plusieurs erreurs stratégiques et osons le mot, une certaine hypocrisie.

En effet, les principaux groupes qui mettent en marché de puissantes marques de vin de table, ont basculé leur contenant de Vin de France en vino de mesa espagnol ! Castel leader des vins sans indication géographique avec Cambras, Patriarche (avec Cramoisay, Lichette et Champlure) ont ainsi asséché la vente de vin de France au profit de son concurrent. La hausse des importations revêt donc un caractère artificiel auto entretenu par les industriels. L’écart de prix justifie seul cette attitude. Relire ici l’article de mai 2014 : « Vins de France, polémique sur une (non) stratégie.

Ensuite, il convient de souligner l’incongruité d’une politique d’investissement dans un secteur de très faible marge sur un segment en érosion, au détriment des appellations et IGP valorisées et en croissance.

Qui est prêt à investir pour 93,85€ l’hecto litre (moins de 845€ le tonneau, 0,93€ les 75 cl !) prix moyen de nos importations, ce qui correspond à un revenu / ha de 6 475,65€ si l’on en croit la moyenne de rendement des vins autres que IGP/AOP entre 2004 et 2013 (69 hl/ha selon la DGDDI). Qui peut produire aux rendements et aux coûts de nos concurrents ?

Surement pas les intermédiaires du marché qui souhaitent que les producteurs prennent ce risque pour eux.

Enfin, la transformation légale des ex-vins de table en vins de France a bousculé les schémas : ces vins au nom has been et à l’image peu qualitative, ont trouvé là une origine dont la notoriété et l’image ouvrent des perspectives à l’export notamment.

Il est pour conclure, intéressant de se pencher sur le marché voisin des vins effervescents qui eux présentent de bien meilleurs perspectives : les charentais ne s’y sont pas trompés en décidant de planter 3 000 ha de vignes destinés à ce marché.

2 comments

  1. Olivier Metzinger dit :

    Fabrice fait les comptes, faire du sans IG rapporte plus que de faire du Bordeaux. En sans IG la moyenne de prod sur 10 ans 69hl/Ha, en Bordeaux c’est combien? à 1200 euros le Tx tu ne fais pas plus de revenu à l’Ha.
    Le problème c’est que si tu te lances dans cette production, il n’y a pas de marché en face. Personne ne te prendra du VSIG à 93 euros l’hecto, c’est un pseudo marché qui n’existe pas.

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