Pour une véritable politique viticole nationale.

La France gère chaque année plus de 280 million d’€ par an via l’OCM vin. Les interprofessions génèrent d’énormes CVO (180 millions d’€ pour 21 institutions) dont la gestion a souvent été critiquée par la Cour des Comptes : réserves pléthoriques (8,3 millions pour la Champagne-CIVC, 17,4 pour Bordeaux) et valeurs mobilières de placement sans rapport avec leur activité (10,24 millions pour le CIVC)*.

 

La France est le 1er pays au monde pour le soutien amont comme aval de sa filière**.

 

Pourtant, la part de marché des vins français ne cesse de baisser depuis 20 ans ; la réduction quantitative de l’offre (arrachage, baisse des rendements) alors que la consommation et l’export progressent, n’empêche pas la baisse des prix à la production ; vignerons et négociants semblent isolés, dans l’incapacité de faire face aux défis internationaux (concurrence, faiblesse des stocks, évolution climatique, etc.) ; enfin, des territoires se paupérisent en silence laissant un patrimoine foncier sans défense face aux appétits des promoteurs.

 

La France recèle encore des atouts considérables et reste le 3ème exportateur et le 2ème pays le plus compétitif : son image, la qualité de ses vins, la puissance de son marché intérieur restent des axes stratégiques forts.

 

Cette gabegie encouragée par l’Europe – 4,2 milliards d’€ dépensés en 10 ans pour la disparition de surfaces plantées qui la conduit à ne plus être auto-suffisante ! – doit cesser : sans tomber dans une doxa libérale qui supprimerait toute aide publique, il faut redéployer ces moyens au service d’une politique nationale ambitieuse et mobilisatrice.

 

Elle pourrait valider quatre priorités : mettre en avant la marque France, fixer des objectifs (25 millions d’hl à l’export sous 5 ans), financer le commerce plutôt que la promotion (un % reversé par exemple sur les ventes additionnelles), soutenir la trésorerie et la transition écologique.

 

De façon simple, claire et volontariste, la France se doterait enfin d’une ligne directrice pour retrouver le chemin de la croissance. 2ème contributeur de la balance commerciale, le vin a encore un potentiel considérable : ce sont 7,8 millions d’hl et 5,25 milliards d’€ qui s’envolent chaque année faute d’avoir maintenu ses position depuis 20 ans !

*rapport Cour des Comptes 2002

**étude de compétitivité de France Agrimer

5 comments

  1. Bonjour Fabrice,

    On ne peut que partager ce constat. Les solutions existent, mais il faudrait travailler le sujet avec des gens compétents et faire des propositions concrètes. Force est de constater que la viticulture n’y arrive pas.

  2. Renaud dit :

    On se bouge, on propose, mais cela n’a pas beaucoup de retombées sur la décision politique.
    Première étape, supprimer les mille feuilles qui gère les subvention pour que l’argent aille à la cible et ne se dilue pas en chemin mais comment faire?
    Les bonnes volontés s’épuisent…

  3. Olivier Metzinger dit :

    Petit exemple, il y a moins de 3 semaines, réunion au CG 33 au sujet des liquoreux qui sont à la peine au niveau des prix de vente (et de la rémunération des Producteurs).
    J’aborde un point crucial de cette filière, la Compétitivité, on est productif quand ce que l’on fait génère le produit.
    Des parcellaires dépassé, (3Ha, 15 parcelles dans un diamètre de 6 km, on passe plus de temps à ne pas produire, qu’a produire) j’y apprends que ce n’est pas le problème.
    Je fais un rapide tour de table visuellement, 80% des présent ne sont pas Producteur, et ils vivent de la mise en place du mille-feuilles cité ci dessus, donc rien ne changera.
    La compétitivité de cette filière est un tout, il ne faut pas se brider, si une idée permet de faire des économies à la Prod, c’est des points de marge en plus, les points de marge permettent d’investir (sans subvention) et l’investissement est la garantie de rester compétitif.
    Autre exemple, Bx Sup, M Farges qui m’interdit de planter à 2.5m x 0.8 mes 5000 pieds par HA, il sait délibérément que le vin sera aussi bon (il me l’a dit), mais il m’explique en réunion publique que je vais être plus compétitif que les autres, un vrai scandale selon lui… Le scandale c’est de se priver d’imaginer autre chose que ce que l’on faisait en 1937. Mais lui est élu Président de la filière, moi je subit les pressions du système comme esprit « subversif », cela donne une petite idée de l’avenir de celle-ci.

  4. […] L’arme de conquête ce sont les volumes ! Les vignerons sinistrés de 2013 le constatent ; ceux qui depuis 15 ans ont vu leurs rendements autorisés chuter de 10 à 20 % aussi : inutile de planter, de déréguler, il suffit de redonner du souffle, de la marge, de la rentabilité … du volume ! Bien évidemment, si la production française repart, il faut lui trouver des débouchés et la vendre. Un sujet déjà bien souvent évoqué ! (relire : pour une véritable politique nationale) […]

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