Plan stratégie France 2025, propositions

Les solutions préconisées risquent de se diluer entre trop d’objectifs.
On constate une tendance récurrente à privilégier les réformes techniques alors même que l’étude de compétitivité de France Agrimer le démontre, le problème n’est pas là. Pour clarifier la situation, pourquoi ne pas geler toute évolution de la production sur 5 ans en réaffirmant ainsi la non-dérégulation des droits de plantation, le non-arrachage et le subventionnement des replantations et restructurations.
Un déplafonnement des rendements peut s’envisager pour les repositionner à leur niveau de 2000 (60 hl/ha par exemple) afin de donner de la rentabilité aux exploitants et de permettre de relever le niveau de la production en quantité Le but serait aussi de produire pour satisfaire les besoins volume du marché intérieur (+/- 25 millions d’hl) et la stratégie export (voir ci-dessous soit +/- 22 millions d’hl) ce qui revient à passer de 58,7 hl/ha en moyenne quinquennale (45,5 millions d’hl produit sur 775 000ha) à 60 hl/ha.
Si l’interprofession des vins de France sans IG propose un plan de vente, une allocation spéciale de plantation dédiée pourrait être envisagée mais la priorité de la France reste de produire des vins de qualité à valeur ajoutée.

La lutte contre les maladies doit intégrer un dispositif de « verdissement » qui va au delà des demi mesures envisagées : réduction de 50% des intrants chimiques, produits naturels favorisés, déploiement du SME (système de management environnemental) et de la culture biologique.La mise en conformité avec les directives environnementales européennes doit se faire en un an.

L’enjeu humain est essentiel. Deux principes le sous-tendent : l’attrait de la profession viticole vient (ou doit venir) d’abord des revenus agricoles ; un métier attire les jeunes parce qu’ils en vivent ! Ensuite, le trésor de la filière ce sont ses surfaces en vignes : patrimoine économique et culturel, elles ne peuvent plus diminuer (favoriser les achats et transmissions notamment via les coopératives). Une perte de 14% des surfaces en 12 ans (-126 000 ha) et de 22% en production (-12,8 millions d’hl) ce qui représente une perte de rendement moyen de près de 30% (de 64,7 à 45,5 hl/ha) !Comment pour le producteur trouver une rentabilité dans un tel modèle ?

Les risques climatiques se gèrent collectivement.

Pour l’aval, il faut passer d’une logique de promotion à une stratégie de commercialisation :

-un objectif : redevenir le 1er exportateur mondial (soit autour de 22 millions d’hl +7 millions d’hl vs 2012) ;

-des moyens : 50% des subventions nationales et OCM (organisation commune des marchés) sont à consacrer à cet objectif. Le dispositif est renversé et simple : on subventionne la vente une fois qu’elle est accomplie, chaque hl exporté en plus étant ainsi favorisé ; il s’articule pour être en conformité avec la réglementation européenne ; les budgets promotion des interprofessions suivent le même chemin. Sont à prioriser : déplacement tous pays (y compris UE) ; embauche de commerciaux, de VIE, trade marketing (animations et dégustation dans les magasins, publicité dans les lieux de vente) quelque soit l’opérateur porteur (producteur, coopérative, négoce, intermédiaire du marché, français ou étrangers), formation continue et accompagnement commerce / marketing.
Un guichet unique présente une cartographie des aides (via France Agrimer ou le ministère) ; la publicité du dispositif est faite auprès de tous les acteurs.
Les JA (jeunes agriculteurs) valideraient un parcours de formation  commerciale sur la période de leur installation.

La gouvernance : il faut permettre une réappropriation démocratique des instances en supprimant les délégations, la représentativité (suffrage direct à toutes les élections), le cumul des mandats (en nombre et en durée), en limitant les procurations (une seule par personne) et en donnant syndicalement une voix à la coopérative dans les ODG-syndicats (et non une par adhérent). Un seul organisme public doit concentrer tout le travail public de la filière vin.

Beaucoup des autres dispositions prolongent l’existant sans l’évaluer (pour la recherche) ou restent au stade d’affirmations (choc de simplification, charges).

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