Nature cruelle

vendre du vin malgré le gel Ces derniers jours, les réseaux sociaux, les sites d’informations ou nos SMS ont été submergés par des images de vignobles ravagés par le gel et de producteurs accablés d’avoir combattu en vain des jours et des nuits durant, de voir leur travail réduit à néant, leur avenir immédiat mis en cause. L’émotion forte face à un tel drame humain répété pour certains, en écho pour d’autre avec la grêle de 2013, a suscité de saines réactions de compassion et de solidarité.

Je me suis joins à ce mouvement spontané et au final si normal. Il me paraît essentiel aujourd’hui ne pas laisser une fois retombée l’écume médiatique, les vignerons seuls et démunis ; faire d’un événement négatif, une opportunité d’avenir. Première étape de ce « suivi », les conséquences du gel soulignent certains manques de la filière agricole.

La nature est cruelle qui après un millésime 2016 abondant, très productif, obère le suivant. Or, l’an passé, qu’ont fait les filières face au volume qui s’annonçait ? Utilisant leurs outils habituels, elles n’ont pas permis de sur stocker une récolte qui étaient à la fois très qualitative et bien au-delà des rendements autorisés habituels. Des grappes ont donc été laissées sur les pieds ou jeter à terre, des cuves sont parties à la distillation, … qui seraient maintenant bien utiles pour compenser les pertes annoncées.

La perte quantitative cette année vient aussi se heurter au contexte international systématiquement sous considéré depuis 15 ans : depuis 2001, le monde ne produit pas assez de vin pour répondre aux besoins de consommation, d’exportation et de distillation (alcools et vinaigres de vin) ; lire aussi …

Pourquoi ne pas « profiter » de ce nouveau gel pour réfléchir à des mécanismes plus souples permettant à la production de mieux se coller à la nature et à ses sautes d’humeur, de profiter à plein de ses cycles hauts.

Enfin, il est étonnant que face aux catastrophes naturelles successives, face au dérèglement climatique avéré, aucune solution durable et collective d’assurance ne soit étudié : inaccessible, peu efficace à titre individuel, une couverture commune de ces accidents ne devrait-elle pas devenir une sécurisation obligatoire du métier de producteur ?

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