Les lobbies et le vin (suite)

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Audrey Bourolleau a accepté de lever le voile sur l’Association Vin & Société dont elle est depuis deux ans Déléguée Générale.

 

FC : « Comment définiriez-vous le rôle de Vin & Société ?

AB : trois axes structurent notre action. Le premier, institutionnel, consiste en une veille de l’agenda public et politique autour des sujets de santé, de fiscalité, de publicité … liés au vin : nous analysons les risques pour la filière, prenons partie et établissons des relations avec les décideurs politiques. Depuis peu, nous avons élargi cet axe au niveau européen.

FC : en ce sens, assumez-vous le terme de lobby pour Vin & Société ?

AB : absolument. Il s’agit d’une stratégie d’influence politique. Le deuxième axe de notre action se définit comme un accompagnement. Nous établissons des partenariats pour promouvoir la connaissance des repères de bonnes pratiques de la consommation de vin : avec la sécurité routière pour éviter les comportements à risque et éduquer, avec Mon Petit Quotidien(journal d’actualité pour les enfants, NDA) pour apprendre et respecter le produit vin.

Enfin, le troisième axe est la compilation et la mise à disposition (de la presse, des scientifiques et bientôt du grand public) de toutes les études autour du vin : cette année nous avons recensé plus de 900 travaux. Cet état des lieux de la recherche donne des bases argumentaires solides.

FC :quel est votre budget de fonctionnement ?

AB : il s’élève à 1,4 millions d’€ par an, abondés par nos adhérents en côte part de leur poids (volume / valeur) dans le filière viticole française.

FC: en quoi vous différenciez-vous de l’ANPAA et de ses messages ?

AB : on les rencontre, on débat avec eux (en dernier lieu lors de l’Assemblée Générale des Bourgogne) mais on ne part pas du même postulat. Pour nous, il faut condamner les excès – tous les excès étant mauvais -, les comportements à risque mais pas le produit lui même. Nous promouvons la modération, un modèle culturel …

FC : mais n’est-ce pas exactement le même discours de consommation responsable que celui mis en avant dans la communication de l’ANPAA ?

AB : le discours peut-être mais mais leurs demandes s’opposent à ce qu’ils disent. Ils veulent une taxation, une restriction fr la communication, un interdit de la consommation : pour eux, le vin est un risque dès le premier verre alors que pour nous, en se basant sur toutes les études scientifiques, la modération limite mais permet la consommation de deux verres par jour pour les femmes et trois pour les hommes. Nous demandons au gouvernement une campagne publique autour de ces repères que préconisent l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé qui dépend de l’ONU, NDA) mais que 90% des français ignorent.

L’ANPAA tient un double discours moralisateur et idéologique là où nous voulons éducation et prévention. »

Audrey Bourolleau a éclairé de façon précise le fonctionnement et le positionnement de Vin & Société, notamment dans son opposition à l’ANPAA et je l’en remercie. Il fut souligner que l’association a évolué depuis sa prise de fonction. Dont acte…

 

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