Les lobbies et le vin (suite)

1Au milieu du duel que se livre l’Anpaa et « Vin et société », l’Anev se présente comme un réseau d’élus de tous bords dont le but, très politique, revient à influencer les décisions publiques.

Constituée de 107 parlementaires, elle unit surtout 490 collectivités (3 régions Bourgogne, Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes, 10 départements* et donc plus de 475 communes et communautés). Bizarrement, sur le site de l’association (voir ici), la liste des élus et collectivités locales membres n’apparaît pas.

Quel est donc le but de l’Anev ?

Ce que l’on sait :

-la cotisation d’adhésion varie de 50 (pour un élu) à 3 200€ (pour une région).

-*Aude, Bouches-du-Rhône, Côte-d’Or, Dordogne, Drôme, Gironde, Hérault, Loiret, Var et Vaucluse sont les départements membres.

-ses partenaires sont l’Université de Suze la Rousse, Oenovideo (festival vin & cinéma), la Fijev (fédération internationale des journalistes et écrivains des vins et spiritueux) et l’Apev (association de la presse du vin) – curieuse proximité entre politique et presse** -, le CNAOC (!), Wine tourism in France (web magazine dirigé par André Deyrieux*** et basé à Valence), Vit’Eff (salon des vins effervescents), l’agence Fleurie (agence de communication de Royan), le salon Vinisud et l’Adelphe… drôle d’inventaire à la Prévert.

-l’objet de l’association précise qu’elle tend à « favoriser la concertation, l’échange, le dialogue, animer le réseau des élus du vin en vue de mieux faire connaître les divers aspects des réalités vitivinicoles, arrêter des positions convergentes sur les questions d’intérêt général concernant la viticulture et le vin, engager des action communes ».

Elle cherche à « vanter le dynamisme et la qualité de vie des communes, des terroirs vitivinicoles et des hommes qui la composent, à exprimer, faire valoir, représenter les intérêts généraux de la vigne et du vin, et en particulier des communes vitivinicoles, auprès des pouvoirs publics et de l’opinion publique, afin de faire connaître pleinement leurs valeurs et leurs spécificités. » Elle « assure l’information des élus et collectivités sur les politiques législations, réglementations mises en œuvre par l’Union Européenne, l’État et les collectivités Publiques, développe la connaissance du milieu vitivinicole et des problèmes spécifiques de développement et d’aménagement qu’il pose, éclaire les choix des responsables locaux par l’étude, l’analyse, la diffusion des méthodes, modes ou expériences de développement. » Vaste programme…

Le flou plane … voici donc les questions en suspens posées à l’Anev : quel est son budget ? Est-il abondé par ses seuls membres au travers de leur cotisation ? Pourquoi toutes les régions et départements viticoles ne sont pas adhérents (Aquitaine, Alsace, … Landes, Haut Rhin, …) ? Quel message aux citoyens souhaite-t-elle transmettre aujourd’hui ? Pourquoi la liste des élus et des collectivités n’apparaît pas dans celle de vos adhérents ? Quel est la place (fonction, conditions pour le devenir) des partenaires ?

Les réponses (éventuelles) seront publiées dès réception !

**L’Anev et la Fijev ont créé en 2007 le prix René renoux pour récompenser un « projet autour du vin d’ordre éducatif, environnemental ou œnotouristique » porté par une collectivité. Sa récompense est une dotation en vins.

***André Deyrieux est également « consultant en matière de développement œnotouristique et expert en création de concepts et d’événements œnotouristiques, en communication narrative (story telling), et en déclinaison marketing des patrimoines vitivinicoles »… Il anime à ce titre journées, conférences et table-rondes… Il dirige la société Wine Tourism Media, est vice-président de l’association Rencontres des Cépages Modestes, fondateur de La Route des vins du Mont-Blanc, événement culturel des vignobles de Savoie, Suisse et Val d’Aoste et il enseigne dans les universités d’Angers, de Nîmes et de Suze-la-Rousse (Université du Vin). Sans oublier qu’il anime chaque année le Concours Bernard Magrez des sommeliers de montagne à Val d’Isère et qu’il est juré dans nombre de jury littéraires dont celui des Journées du livre et du vin de Saumur… Et qu’il trouve le temps de gérer plusieurs blogs et un compte Facebook sur lequel il affiche son slogan : « Ne pas boire nuit gravement à la santé ».

 

2 comments

  1. […] Voici le contenu du mail transmis par Jean-Benoit Kremer, permanent de l’association, en réponse aux questions posées sur l’ANEV (à relire ici): […]

  2. Lemaitre dit :

    Encore un truc qui sert à rien!
    15 ans en tant que vigneron je savais même pas que ça existait!
    je ne vois pas quelle peut-être la fierté de ces gens la 🙂

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