Les distributeurs américains croient encore en Bordeaux

Image 1Le commerce mondial du vin s’est donné rendez-vous à Bordeaux au début du printemps pour goûter des échantillons du millésime 2015, et cette année encore, de nombreux acteurs clés américains étaient absents. C’est l’image de la profondeur de la chute de Bordeaux aux États-Unis, où son image globale a été éreintée par des années de flambée des prix, de millésimes médiocres et un changement de génération et d’attentes des consommateurs. Au cours des années 1980 et 90, Bordeaux représentait la « crème de la crème *» (*en français dans le texte) chez les distributeurs et dans les restaurants américains. Aujourd’hui, les détaillants trouvent souvent plus de valeur dans les cabernets de Californie, d’Australie, du Chili et ailleurs. Les établissements qui servent des repas fins à la française avec des nappes blanches amidonnées et de la porcelaine ont peu d’attrait pour les jeunes qui dînent de plats décontractés comme les sushis ou les tapas.

Les livraisons de Bordeaux vers le marché américain en valeur ont atteint un sommet en 2003, mais les vrais problèmes ont commencé lors de la surchauffe des prix mondiaux pour les millésimes 2009 et 2010, alimentée par les achats frénétiques en Chine. Aux États Unis, le moment ne pouvait être pire, cette bulle coïncidant avec la récession et la « gueule de bois » qui a suivi pour la génération du millénaire qui arrivait à l’âge adulte. « Ces millenians se sont intéressés au vin précisément au moment où Bordeaux est devenu inabordable, et ils se sont dirigés vers des vins nouveaux et passionnants qu’ils pouvaient effectivement acheter », note Rick Anderson, propriétaire de France 44 wine & spirits à Minneapolis.

Malgré cela, Bordeaux se remet beaucoup mieux qu’attendu. Alors que les crus classés restent hors de portée pour la plupart des consommateurs, des solutions de rechange – appellations Bordeaux Supérieurs ou Côtes de Bordeaux, « petits *» châteaux – offrent des opportunités de croissance. Les statistiques ne sont pas disponibles pour ces « petits *» châteaux, mais les livraisons de Bordeaux Supérieur sont en hausse de 78% entre 2010 et 2015, leur valeur atteignant 15,5 millions d’€. Les expéditions de Côtes de Bordeaux ont augmenté de 81% pour arriver à 5,8 millions d’€ sur la même période. Et le total des expéditions de Bordeaux vers les États-Unis a dépassé les 182 millions d’€ l’année dernière – en hausse de 108% depuis 2010, selon Impact Databank.

Bien que la valeur soit encore loin des 279 millions d’€ du plus haut de 2003, la situation de Bordeaux s’est améliorée de façon spectaculaire. Même le marché primeur, qui a été frappée de plein fouet par la bulle des millésimes 2009 et 2010, commence à montrer des signes de vie. Chris Adams, PDG du détaillant Sherry-Lehmann à New York, dit que les consommateurs expriment un intérêt accru pour le millésime 2015, supérieur à toute campagne primeur depuis 2010, alors que les prix montaient en flèche pour atteindre 1000$ la bouteille. « Les premiers crus du millésime 2015 se vendront sans problème », prédit-il, ajoutant que les régions viticoles concurrentes recueillent  encore rarement le même prestige que Bordeaux.

Au Wine & Spirits de Wally à Los Angeles, l’acheteur Bordeaux Geoff Pattison prévoit aussi que 2015 sera son meilleur millésime depuis 2010, en notant que le dollar est maintenant plus fort face à l’euro.

Lire l’article en anglais ici. traduction réalisée par mes soins.

One comment

  1. Renaud dit :

    Après la Belgique les USA, sauf qu’en belgique on est loin du reveil!!!!

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