Le vin, un produit naturel ?

logoVoici une mode qui se développe, enfle : le nouveau vin serait naturel ! Une chaîne de cavistes dont la création a été rapporté ici en a fait son crédo ; partout des vignerons se convertissent (voir ici l’exemple le plus « extrême » du Collectif Anonyme).

Deux éléments à relever dans cette démarche par ailleurs intéressante voir louable. Tout d’abord, le vin n’est pas – peut-on dire n’a jamais été ? – un produit naturel. Il demeure le résultat du travail de l’homme sur une plante et sur son fruit ; il fait intervenir des procédures techniques qui détourne la nature de son objet premier. Rien de scandaleux à cela si ce ne sont les dérives qui ont pu se développer (abus d’agents chimiques néfastes par exemple). Vouloir revenir à des pratiques qui respectent l’environnement et préserve l’outil de production du vigneron – comme la bio, le raisonné, la biodynamie, etc. – n’implique pas de sous-entendre que s’opposerait un vin « naturel » à un qui ne le serait pas. On frise la manipulation de communication.

D’autre part, en analysant l’offre de ses « vins naturels » assez anti-système, on se rend vite compte de son côté ultra marquetée et très haut de gamme :

6 des vins à plus de 15€, des produits dérivés, on est loin des valeurs affirmées en « manifeste ».

 

8Sans jeter le tout, on se rend compte qu’il reste du chemin à accomplir pour promouvoir une viticulture simple, accessible à tous et majoritairement familiale ; bref, une production de vigneron, loin des clichés du passé, des excès d’hier et des caricatures marketing d’aujourd’hui.

Les outils modernes du commerce peuvent être employés à mettre en valeur la vérité d’un métier et d’un produit, loin d’une promesse pour le moins tendancieuse.

Un (petit) pavé dans la mare ?

2 comments

  1. Faupa Barré dit :

    Les prix sont très accessible pour les clients qui ont du l’argent, c’est vrai. Mais étant une entreprise jeune et avoir beaucoup investi sans avoir beaucoup de l’argent qui rentre, il faut se faire connaitre et viser les prix de vente qui permettent a continuer. Après je trouve que les prix sont pas exagéré non plus. Pour 15 a 25 euro on peux profiter d’un produit qui est fait avec l’amour et avec respect pour l’environnement. Il y en a pas mal qui demandent au moins 50 balles pour du vin beaucoup moins bon!

    • Fabrice Chaudier dit :

      Bonjour, merci pour votre commentaire. Il ne s’agit pas de condamner un niveau de prix trop élevé : chaque producteur met en marché (ou devrait) son vin en fixant son positionnement. Il est plus facile de donner des leçons quand on vend son vin à 25€ que quand on est un vigneron bio ou soucieux de son environnement avec des vins d’AOC entre 7 et 10€ par exemple. De plus la qualité n’est pas liée au prix excessif ; il existe bien un plafond au dessus duquel on bascule vers le luxe ou le n’importe quoi spéculatif. Je défends le bon produit, les pratiques respectueuses de la nature, l’indépendance comme la préservation des entreprises familiales … pas à n’importe quel prix pour le consommateur ; si tous ces vins sont entre 5 et 25€, le monde sera idéal .

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