Lassitude …

1Je vous recommande d’aller voir au cinéma « la fille de Brest » qui raconte le parcours d’Irène Frachon contre le médiator et me semble cependant très instructif et mobilisateur.
Il démontre le poids des structures , de ceux qui savent et détiennent depuis longtemps le pouvoir. Ni l’institution, ni les êtres humains qui la compose, pourtant brillants, ne veulent voir ou comprendre : même face à l’évidence, à la preuve, à l’échec du modèle en place, à ses résultats catastrophiques, ils refusent une remise en question qui risquerait d’emporter leur poste et de renverser les situations
établies.
Il illustre aussi à quel point, une seule personne, un petit groupe, peut avoir raison contre tous et pourquoi :

Irène Frachon inverse le regard sur son métier ; contrairement aux éminents professeurs, aux savants, aux chercheurs, à la quasi totalité de ses confrères, elle voit le malade, son client, avant de considérer son intérêt propre, les enjeux et les contraintes de sa profession. Voilà pourquoi, elle est seule en capacité de mesurer et de l’analyser ce qui se passe vraiment, de savoir quoi faire.
Le film montre l
e cadre dans lequel nous nous emprisonnons ; à quel point nous sommes incapables du pas de côté, du doute ; il dénonce au final, la pragmatisme triomphant où rien n’est possible d’autre qu’une adaptation au réel et son aspect mortifère : le médiator a provoqué au moins 2 000 morts.
A la marge, on comprend aussi pourquoi tant de français – ou de citoyens dans d’autres pays – s’élèvent de façon populiste et non maîtrisée contre ce qu’ils nomment « le système ».
En quoi cet exemple doit nous servir : dans notre filière
, nous rencontrons des oppositions permanentes à tout changement, à certains projets individuels ou collectifs, sur le seul postulat qu’il n’est pas crédible de vouloir inverser le point de vue. Qu’on ne peut changer.
La filière et tous ceux qui l’entourent, la financent, la conseillent, s’entêtent dans une écrasante majorité à ne pas voir l’évolution du contexte. A denier l’échec de leur politique. A refuser de prendre en considération l’acteur majeur du marché et ses exigences, le consommateur. A envisager d’autres solutions que celles centrées sur la production. Alors même que la France ne cesse de perdre des parts de marché, rien d’autre ne peut s’envisager que les méthodes passées, que la gouvernance en place.

Les gens ne sont pas à dénoncer : chacun fait ce qu’il croit être bon, en fonction de ses capacités, de son histoire ; mais il faut laisser de la place à ce qui innove, à ce qui fait sortir des idées pré établies.
Souvent, ces derniers mois, je me lasse : non que je me compare à l’exceptionnelle personnalité d’Irène Frachon, ni que nos luttes et leurs implications soit comparables. Mais je n’entends que refus, blocages et mépris face à des solutions alternatives. Et si la crise de la viticulture ne tue pas – quoi que -, elle pourrait être évitée…

Alors, saurons-nous relever, ce défi ?

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