La coopération en panne ?

Article du Figaro du 08 décembre par Eric de La Chesnais.

« Le chiffre d’affaires des 2.600 entreprises coopératives a reculé de 1,8% l’an dernier en France à 85,9 milliards d’euros. La crise a eu ses effets. Toutefois les opérations de croissance externe ont limité cette moindre activité.

Les crises sans précédent que les agriculteurs traversent depuis deux ans en France ont affecté l’activité des coopératives agricoles. Les 2.600 entreprises qui représentent plus de 40% de l’activité agroalimentaire française avec des marques connues du grand public, comme Régilait, Florette ou Nicolas Feuillatte, affichent en effet un chiffre d’affaires annuel consolidé en recul de 1,8%. Il s’élevait à 85,9 milliards d’euros en 2015 comme vient de le confirmer ce jeudi la Fédération des coopérations agricoles françaises, Coop de France. «Ce tassement d’activité s’explique par la baisse des volumes et des prix, en particulier ceux du lait et du sucre, reconnaît le délégué général de Coop de France. Les ventes ne devraient pas s’améliorer en 2016 avec la crise céréalière».

En revanche la rentabilité est en hausse de 3,3% avec un résultat net global de 1,06 milliard d’euros, soit 1,2 % du chiffre d’affaires. Une rentabilité qui reste modeste toutefois. «La coopération agricole française confirme sa résilience dans un contexte économique difficile et incertain, reconnaît Michel Prugue, le président de Coop de France. Nos spécificités, comme par exemple celle de collecter tous nos adhérents y compris les plus éloignés de la laiterie, nous donne des rentabilités plus faibles que celles des entreprises privées du secteur».

Faible rentabilité

Grâce à sa solidité financière et ses 21 milliards d’euros de capitaux propres, la coopération a pu aider ses adhérents à passer la mauvaise passe dans laquelle ils se trouvent. Ainsi Axéréal, leader dans la collecte de grains en France, a puisé 8 millions d’euros dans ses réserves pour voler au secours de ses sociétaires. Maïsadour dans le Sud-Ouest, spécialisé dans le maïs et le foie gras notamment, a fait des avances de trésorerie à hauteur de 8 millions d’euros à ses producteurs.

Au-delà du rôle qu’elles jouent pour soutenir leurs adhérents, les coopératives doivent toutefois continuer de gagner en compétitivité. Le salut passe par l’international. «Actuellement, 23% du chiffre d’affaires des coopératives sont réalisés à l’export avec des niveaux de rentabilité plus élevés, poursuit Michel Prugue. C’est très prometteur pour la valorisation des produits et des savoir-faire de nos entreprises».

Le nombre de coopératives divisé par deux

Cela passe aussi par des acquisitions externes dans un secteur composé à 91% de TPE et PME. En 20 ans, un fort mouvement de consolidation a conduit le nombre de coopératives agricoles à être divisé par près de deux.

En 2016, ce mouvement de concentration s’est concrétisé par 67 opérations contre 81 en 2015. Mais elles ont apporté davantage de chiffres d’affaires avec 1,1 milliard d’euros contre 689 millions en 2015.

Dans le sucre, Cristal Union a, par exemple, racheté 100% de la société Eridia Italia, leader de la commercialisation et de la distribution du sucre en Italie. De quoi assurer de nouveaux débouchés pour les betteraviers français et anticiper la fin des quotas européens en octobre 2017.

«Avec 165.000 emplois, les coopératives agricoles sont un acteur majeur de l’économie. Elles doivent aujourd’hui gagner en compétitivité pour être en capacité de se battre sur les différents marchés. C’est pour cela que nous demandons une nouvelle fois de bénéficier du CICE», réitère Michel Prugue. Il compte bien le rappeler aux différents candidats à l’élection présidentielle. »

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