Jouer collectif

Point de vue.

Vector graphic of idea tree with colorful bulbs as solutions. The illustration can represent concepts like collective human knowledge, intellectual property, group of successful ideas, etcDepuis quinze ans, je promeus la formalisation de choix stratégique dans la filière viticole, dans ses PME (voir TPE) de production comme de commerce : pour avancer dans un développement pérenne et rentable, il me paraît essentiel d’anticiper son activité plutôt que de la subir.

J’ai vu naître beaucoup de projets de rapprochements, j’en ai accompagné quelques uns. La collectivisation des moyens, des compétences et des actions est une solution optimale pour des micro entreprises pour être plus efficace plus rapidement.

A l’évidence, on est toujours plus intelligent à plusieurs !

Pourtant, très peu de ces initiatives sont couronnées de succès ; les CUMA et autres groupements d’employeurs se vident de leurs membres ; comme dans le monde associatif, les bénévoles se font rares pour mener à bien des réflexions et des projets communs ; et que dire de la coopération dont l’image s’est écornée et qui faute là encore de stratégie claire et partagée, voit son image se dégrader, s’industrialiser. Les syndicats et les interprofessions en ricochet, souffrent d’une méfiance et d’un désamour peu propice à la défense des intérêts de tous leurs adhérents.

D’où vient cette opposition entre une nécessité de partage, d’entraide et désaffection du collectif ?

La dispersion et l’individualisme nous fournissent deux pistes d’explication et de réflexion, certes simplistes mais pertinentes.

Chaque producteur, patron ou responsable d’activité indépendante sait combien son temps est compté ; malgré tout, il ne cesse de multiplier les tâches et les engagements au point de ressentir une lassitude voir un découragement que la perspective de mise en commun ne vient pas combler. A force de (trop) faire, il ne croit plus qu’en ses propres ressources, sa propre énergie pour s’en sortir. A l’extrême, il s’effondre et hélas on voit se multiplier dans le silence de l’anonymat les suicides de vignerons.

L’individualisme part d’une logique de plus en plus libérale de notre société : l’autre n’est plus qu’un différent, et ses besoins, ses capacités nous deviennent petit à petit étrangers voir source de méfiance. Pourquoi se préoccuper d’un voisin en difficulté, soutenir un groupe alors même que les bénéfices personnels attendus restent aléatoires.

Les initiatives se fracassent sur ces réalités. Mais je continue à croire que leurs échecs ne sont pas une fatalité, que les valeurs du vin et de ceux qui le mettent en marché peuvent se réunir. A chacun d’entre nous de faire vivre cette utopie …

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