Export (suite)

Commentaire de Nathalie Feydieu, productrice en Blaye-Côtes de Bordeaux :

« Pfff…l’Europe (autrement nommée « le Vieux Continent ») perd des parts de marché au profit du « Nouveau Monde »…! Est-on tellement vieux dans nos méthodes (et donc nos résultats…) ou bien voit-on apparaître la problématique des volumes disponibles ou non-disponibles car non-produits au nom de la qualité, de la régulation du marché… si chère à Fabrice ??? »

Réponse :

Opposer nouveau et vieux monde conduit à oublier (malgré une année 2013 très mauvaise), les succès de l’Espagne et de l’Italie : la France est durablement à la traine de la croissance à la fois de la consommation et des volumes échangés dans le monde. Or, les études France Agrimer le démontre, elle reste depuis 2001 dans le top 4 des pays les plus compétitifs ; elle a même amélioré cette position, se classant 2ème en 2013 !

Le seul critère où elle n’arrive plus à affronter la concurrence est la « capacité de ses opérateurs à conquérir les marchés », c’est-à-dire à la fois sa présence dans les pays cibles et les investissements liés à la commercialisation.

C’est là qu’il faut chercher l’explication à nos difficultés.

La faible disponibilité est un phénomène mondial promu par la politique européenne de limitation des surfaces que la France a relayé par la baisse des rendements (voir l’article «Dépressifs s’abstenir…»). La situation est devenue ubuesque puisque la consommation mondiale comme les exportations sont freinées depuis 3 ans par le manque de volume.

Pour le reste, il ne me paraît pas juste de donner à l’adjectif « vieux » une connotation négative : c’est en effet le modèle de production européen basé sur l’origine (AOP / IGP) qui a obtenu l’approbation du consommateur mondial et a conduit tous les pays à le suivre … loin de l’approche industrielle centrée sur les seuls marques et cépages des débuts du « nouveau » monde.

 

2 comments

  1. Olivier Metzinger dit :

    Pourquoi la France est à la traîne… C’est assez simple, il suffit de regarder son organisation STALINIENNE.
    Tout est régenté en haut lieu par les personnes autorisées à penser qui ne laissent entrer dans le cercle de réflexion que ceux qui pensent comme eux, ceux qu’ils jugent apte à penser avec eux.
    Les entrepreneurs doivent demander l’autorisation à chaque fois qu’ils veulent tester, essayer, innover, entreprendre…
    Les gens autorisés à penser mettent 15/20 ans à reconnaître que l’idée n’est peut être pas si mauvaise (dans le meilleur des cas et c’est souvent trop tard), ou refuse carrément. Comme dit Bernard FARGES président du CIVB: « ce ne serait pas normal que tu prennes de l’avance ou que tu deviennes plus compétitif que nous… » (C’est du vécu, en face de cela il faut être stoïque)
    Quand on valide ce type de raisonnement jusque dans les ministères, on obtient une filière plan-plan, très sûre d’elle, arrogante.
    Dans le reste du Monde (y compris en Europe) ils ne nous attendent pas, et à la fin ce n’est pas ton voisin qui devient plus compétitif et qui te motive, c’est le reste du Monde qui te mange tout cru (alors que tu as démarré loin devant).
    J’oubliais un détail, à Bordeaux nous sommes les plus beaux et les meilleurs pourquoi regarder ailleurs dans le Monde, franchement.
    MA PROPOSITION:
    Laisser aux producteurs 10% de liberté par rapport au cahier des charges, y compris dans le cadre des AOC.
    Sans aucunes contraintes, sans aucunes autorisations, sur les cépages, sur les modes de conduite, sur tout ce qui fait notre métier, notre savoir faire, notre raison d’être.
    10% ce n’est grand chose et à la fois ce serait déjà beaucoup. Beaucoup trop surement pour l’INAO et la filière, RDV dans 20 ans.

  2. […] faut lire le commentaire d’Olivier Metzinger (ici) non pour polémiquer à la fois sur la forme et le fonds mais pour saisir la difficulté de […]

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