Droit de suite

En novembre 2012, j’écrivais à Réussir Vigne « pourquoi les prix ne remonteront pas » ; si je ponctuais cette accroche d’un point d’interrogation, je tendais à démontrer par la pénurie de production au niveau mondial et la chute des cours du vrac en France que l’on assiste à « un découplage des prix et des volumes. » (lire l’article

On peut aujourd’hui m’opposer la reprise de ces mêmes cours (du moins à Bordeaux) liée à une récolte 2013 très faible ; pour les tenants du « marketing de l’offre », voilà une aubaine qui semble donner raison à leur raisonnement : la raréfaction du produit génère une augmentation des prix.

Mais, si le mécanisme jouait réellement, le vrac bordelais aurait dû bondir de près de 70 % pour compenser la perte de rendement !

Mais, à force de diminuer la production au niveau macro économique, la croissance des exportations est freinée depuis 2012 (dixit l’OIV) et il semble même que la consommation mondiale pâtisse de cet état de fait : le consommateur ne peut acheter un produit non mis en marché !

Mais, surtout, à force de tirer sur cette ficelle bien trop grosse, les acheteurs professionnels risquent de se lasser d’une hausse mal maîtrisée des prix (voir la dégringolade des grands crus dans les foires aux vins de la grande distribution). Et plus préoccupant encore, le consommateur peut se détourner du vin pour consommer des produits moins fluctuants et plus abordables. Les substituts ne manquent pas (bières, alcools, thés, eaux minérales, sodas, etc.).

Je souhaite donc persister et signer : la reprise des cours reste un leurre (que se passera-t-il si la récolte 2014 est normale, voir pléthorique?). Pour peser sur les prix à long terme, il faut « retrouver les parts de marché perdues par la France (23 % en 2001, 14 à 15 % aujourd’hui) car c’est la pression des volumes offerts qui permettra de doper les prix ».

L’arme de conquête ce sont les volumes ! Les vignerons sinistrés de 2013 le constatent ; ceux qui depuis 15 ans ont vu leurs rendements autorisés chuter de 10 à 20 % aussi : inutile de planter, de déréguler, il suffit de redonner du souffle, de la marge, de la rentabilité … du volume ! Bien évidemment, si la production française repart, il faut lui trouver des débouchés et la vendre. Un sujet déjà bien souvent évoqué ! (relire : pour une véritable politique nationale)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


quatre + 3 =