Culture vs politique (suite)

Commentaire de Nathalie Feydieu, viticultrice à Blaye (33) :

« images
Le fait est qu’en réduisant (volontairement ou non d’ailleurs…) les volumes produits, certains marchés ont échappé aux acteurs de la filière bordelaise et nous semblons avoir beaucoup de peine à les « récupérer » !!
Il faut certes produire plus pour vendre plus (tiens, on a déjà entendu une formule similaire…) mais que dire de l’exemple de la filière laitière…qui se noie dans ses millions de litres de lait, dont personne ne veut à un prix décent ??? »

Tout d’abord lait et vin ne peuvent se comparer que de façon très partielle : une grande partie de la production de lait est transformée ; il s’agit donc d’une matière première soumise aux aléas offre / demande auxquels échappe justement le vin, produit de culture substituable.

Cependant, l’exemple reste intéressant.

L’Union Européenne a constaté il y a quelques années que les quotas laitiers risquaient de pénaliser l’agriculture communautaire car la consommation mondiale progressait fortement : en les supprimant, elle a agi de façon brutale et trop libérale mais surtout elle a mis à jour les faiblesses françaises.

Pour bien comprendre, prenons une filière qui fonctionne : la volaille a su segmenté son offre en la différenciant par qualité et origine. Le consommateur sait bien qu’un poulet IGP est plus cher qu’un label rouge lui-même supérieur à un PAC (prêt-à-cuire) ; c’est grâce à ce mix produit que le producteur peut gagner sa vie et ne pas se contenter de 1ers prix.

Pour le lait donc, les français veulent ou du moins, via Lactalis par exemple, se retrouvent en position de concurrencer les allemands qui possèdent des élevages 4 à 5 fois plus gros en moyenne), suivent le seul modèle industriel et n’ont pas de salaire minimum. Ils pourraient eux aussi mieux présenté leur « offre » et échapper au segment le moins cher.

Donc si l’on en revient au vin, on peut conclure que chacun doit trouver son modèle de développement, son créneau et si possible ne pas s’engouffrer dans une bataille de prix stérile et perdus d’avance : ce n’est ni notre culture historique ni l’avenir tant le marché des vins de table, du vrac, des prix cassés est de moins en moins suivi par les consommateurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


× 3 = trois