Compromis, consensus et conséquences

Nous confondons aujourd’hui plusieurs notions ce qui me semble illustratif de la société française :
-la recherche du consensus comme clé de gestion relationnelle, à la fois au travail, en politique voir parfois même en famille ou dans l’éducation. Or le consensus est bien un « accord du plus grand nombre, de l’opinion publique », et la « procédure qui consiste à dégager cet accord et qui évite de faire apparaître les objections et les abstentions » (Le Larousse) donc les oppositions. Poussée à l’extrême, le consensus devient la synthèse, les deux générant un plus petit dénominateur commun qui ne satisfait personne : il entretient en effet un esprit individualiste, par la recherche de l’intérêt personnel ou catégoriel contre le général. Il donne crédit à toute revendication, leur donnant la même importance.
Dans le monde public le consensus éclate les lieux de paroles comme de décisions, phénomène accentué par internet où toute expression se vaut, sans hiérarchie ni organisation.
Dans le management il a conduit à une participation horizontale (en lire ici la critique).

-le compromis qui lui naît d’une tension, d’un affrontement entre les idées et les points de vues, et qui à l’opposé du consensus est une « action qui implique des concessions réciproques » ; cette « transaction » induit une négociation, un moyen terme, une transition et des points intermédiaires (Le Larousse). Caractérisant les rapports sociaux allemands, elle oblige au regroupement, à la puissance d’un rapport de forces, au dialogue, au commun et non au particulier, sans renier à l’individu son rôle dans des corps intermédiaires.

Notre pays est dénué de la culture de la négociation ; il prône malgré son histoire une sorte de conservatisme qui aujourd’hui conduit dans la plupart de ces aspects publics comme privés à une alternative peu productive entre révolution et immobilisme. Oubliées les idéologies, les utopies, la culture, objets inutiles et moqués au seul profit du pragmatisme dont le résultat est un e adaptation au réel présent sans espoir de le modifier ou de l’améliorer.

One comment

  1. Ducloux Lionel dit :

    Bonjour Fabrice,

    Une très bonne analyse de la situation actuelle…politiquement correcte et culture du NI-NI sont aussi des facteurs important de la culture omniprésente du Consensus.
    cdt
    Lionel

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