A priori n°1

La France du vin n’est pas compétitive.

Comme beaucoup d’autres mais peut-être avec une constance et un entêtement uniques, la filière viticole française se heurte à ses a priori : au regard de vos questions et commentaires (voir ici le dernier), le premier d’entre eux reste lié au déficit supposé de notre compétitivité amont. Je répète, au risque de lasser, que la compétitivité est une possibilité, une capacité à obtenir de bons résultats et non l’assurance de les atteindre à tous coups.

La compétitivité de la France pour sa production viticole repose sur plusieurs axes. D’abord, sur sa superficie et son potentiel à la fois de rendement et de volumes. Ensuite et c’est un paradoxe pour beaucoup de vignerons, sur son organisation : la règlementation des appellations, un modèle copié dans le monde entier, les soutiens financiers massifs basés sur une stratégie  amont ; aujourd’hui par exemple, les replantations sont subventionnées pour permettre une densification plus qualitative et porteuse de régularité volume. Enfin son marché intérieur protégé lui donne des débouchés garantis.

Ses faiblesses sont et c’est un mal national, dans la non exploitation de ses points forts : ainsi la capacité à produire demeure très contrainte par le rendement autorisé et des pratiques œnologiques qui n’appliquent pas les avancées de la recherche (taille, environnent, etc.).

La France peut malgré ses lourdeurs administratives et sa crise de la représentativité ; elle peut malgré les difficultés que beaucoup vivent au quotidien. Elle n’a pas besoin de changer mais de vouloir. Si Castel délocalise, s’il ose signer des marques aussi françaises que Patriarche ou Cambras avec du vin espagnol, c’est qu’il applique une logique financière en achetant son vrac au prix le plus bas possible ; c’est qu’il profite aussi de la faiblesse de la coopération qui, à l’inverse de sa consœur italienne, ne maîtrise aucune des grandes marques.

Ce constat répété depuis 2001, date de la première étude France Agrimer, ne devrait pas généré autant de frustration, d’opposition entre acteurs de la filière : souligner cette force collective mal traduite en résultats concrets, devrait donner des perspectives et de l’espoir.

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