500 ans d’utopie (6)

7Au final, l’intérêt de l’Utopie de More tient dans ce que nous avons peut-être oublié : la philosophie, l’analyse intellectuelle, l’histoire nous offrent des clés de réflexion et d’action dans notre vie, personnelle et professionnelle.

Face aux défis, aux questionnements, nous pouvons encore et malgré la pression, prendre le temps, « laisser du temps au temps »*.

Ce que la réussite de nos sociétés, le confort, la sécurité ont rendu moins nécessaires à nos yeux, peut redevenir le cœur de notre quotidien.

Sans mercantilisme effréné, sans recherche d’une rentabilité à court terme, mais avec la volonté de dépasser des situations toujours en devenir, améliorables, nous refondons la notion de progrès, indispensable pour croire en l’avenir.

Cette approche théorique, morale, n’est pas rétrograde ou ringarde : elle contient une part de modernité inaltérable car elle met au centre du travail, l’humain, comme objectif le mouvement et comme moteur la curiosité.

Relire More montre l’étendue de l’évolution que l’occident a vécue depuis ; en ce sens, il est daté. Il ouvre pourtant une fenêtre alors que notre monde sent le renfermé, l’égoïsme, la peur. Il aère violemment notre cerveau, donne envie de croire en ses facultés et de dépasser des limites que nous avons-nous même fixées.

Il casse le pragmatisme qui nous a immobilisés, figés comme si plus rien ne pouvait s’améliorer, comme si nous étions contraints à nous adapter à des situations que nous savons négatives.

Il nous fait « penser en dehors de la boîte »** et nous laisser dépasser et non angoisser par nos résultats ; cette notion de surprise apporte un sel inattendu et nécessaire à notre existence.

*François Mitterrand (d’après Cervantès).

**relire le concept ici.

2 comments

  1. Coraline dit :

    Un ouvrage en particulier à recommander sur le sujet?

    • Fabrice Chaudier dit :

      Il faut prendre le temps de lire « L’Utopie » de Thomas More et le « Discours de la Servitude Volontaire » de La Boétie (références sur la page « mes publications »). Ne pas hésiter aussi à compulser « Les Gauches Françaises » de Jacques Julliard chez Flammarion pour connaître les antécédents et suites politiques de « L’Utopie » (depuis Platon jusqu’à Marx, Proudhon ou Ricoeur). Enfin, pour ceux que le genre littéraire intéresse, citons « L’Abbaye de Thélème » dans « Gargantua » de Rabelais, « La Nouvelle Atlantide » de Francis Bacon, « Une Utopie moderne » de Herbert George Wells ou « Les Fourmis » de Bernard Werber.

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