Archive for 23 février 2017

Guerres des salons (suite)

Et Millésime Bio emporte la mise face à Vinisud :

« Après le succès du Salon Millésime Bio 2017 avec un visitorat de 4 850 personnes et une hausse de 20% du visitorat étranger, Philippe Saurel, Président de Montpellier Events, a souhaité que soit trouvée une solution afin de pouvoir accueillir à nouveau dès 2018, les deux évènements majeurs que représentent Millésime Bio et Vinisud pour le parc des expositions de Montpellier, pour son territoire et pour la filière dans la région.

Pour ce faire, un accord a été signé entre Montpellier Events et Sudvinbio. Celui-ci garantit à Sudvinbio l’exclusivité des dates pour Millésime Bio, sans salon des vins concurrent de nature professionnelle ou grand public sur la période du salon (3 jours) et sur les périodes de montage (5 jours) et démontage (2 jours), en contrepartie Sudvinbio s’engage à maintenir Millésime Bio sur le parc des expositions de Montpellier pour un minimum de 5 ans soit de 2018 à 2022.

Cet accord permet de garantir l’autonomie de gestion de l’évènement et de préserver son identité et son organisation si spécifiques.

Millésime Bio est depuis 25 ans l’un des acteurs et des moteurs de la croissance de la filière viticole biologique. Sudvinbio tient à poursuivre son action et garde à coeur l’accompagnement du développement économique et les intérêts des producteurs qui nous font confiance, en Occitanie en France et à l’étranger. »

Lire mon-viti.com ici.

Hommage et bilan

Xavier Beulin, charismatique et très puissant patron de la FNSEA est décédé le 19 février dernier. Journalistes, politiques de tous les bords, responsables agricoles, tous ont salué la mémoire de l’homme, dans une unanimité aussi bruyante et rare que gênante.

La mort d’un homme et c’est la moindre des choses doit permettre de le saluer, de s’attrister d’une disparition surtout aussi prématurée comme de présenter avec sincérité ses condoléances à sa famille.

Pourtant, au delà de l’hommage, ce qui frappe ici, c’est l’absence totale de différenciation entre la personne, respectée par ce que respectable et son bilan public. J’avais ici (en 2015 fnsea-aux-multiples-casquettes et 2016 xavier-beulin) souligné les ambiguités de sa position, de ses idées et de sa ligne politique. Ultra productiviste, déniant tout intérêt aux petites exploitations, aux circuits courts ou à l’écologie, il militait pour une massification industrielle en phase avec ses responsabilités patronales.

Permettez moi donc de ne pas comprendre que tout en soulignant la cruauté d’un deuil aussi brutal, il ne soit jamais fait mention d’une stratégie pour le moins contestable. Peut-être est-ce la manifestation de la toute puissance de la FNSEA et du manque d’imagination au pouvoir partout… chapeau bas M. Beulin.

Petite idée à l’export…

… plutôt que de se gargariser que de la Chine, si nous nous tournions vers un « petit » pays, les Etats Unis !

Les importations augmentent boostées par une consommation croissante et une production intérieure en repli !

Des profils de vins recherchés ne s’inscrivent pas en opposition avec ceux des vins français mais ouvrent une palette plus large (sucrés, boisés, tanniques).

Le besoin d’explication, de présence terrain et de moyens à déployer est toujours plus fort.

Alors, certes, cela est bien moins facile, exotique, voire glamour que la Chine mais quel potentiel !

L’export, la Chine cache la forêt…

La presse s’enflamme sur les résultats export 2016 de la France et de Bordeaux … en Chine (lire ici l’article du Figaro par exemple). En rebond de 13%, ils masquent une réalité globale beaucoup plus terne : les exportations françaises continuent leur chute en volume.

De 165 millions de caisses en 2007 à 136 l’an passé, la baisse frôle les 20% en 8 campagnes, le tout dans un contexte international porteur (progression du marché, taux de change euro/dollar favorable).

Cette situation est d’autant plus préoccupante, qu’elle impacte maintenant le chiffre d’affaire (valeur) dégagée ; sur la même, période et malgré une forte hausse des prix moyens, il n’a cru que de 3,3%.

Alors satisfécit ou prise de conscience sans cesse repoussée ? D’autant que le mirage chinoius risque d’avoir ses limlites après les accors douainiers conclus par la Chili et l’Australie qui permettent une importation détaxée de leurs vins.

 

Vinisud 2017

Un peu de triomphalisme transparait dans les communiqués de presse qui dressent le bilan de cette nouvelle édition du salon : si le pari de passer à un rythme annuel a plutôt été gagné, le tableau est à nuancer.

Au niveau des chiffres tout d’abord : 20 775 visiteurs sont annoncés (dont 6 673 internationaux venus de 70 pays) contre 31 867 et 9 784 en 2016 soit une chute de 32% à 35% ; côté exposants la baisse est de 10% (922 présents).

D’autre part, la concurrence de dates avec Millésime bio a déplu aux acheteurs et nuit à la qualité des relations.

Il faut cependant reconnaître que Vinisud s’impose comme une des rares manifestations opérationnelles où se négocie de véritables affaires ; bien préparé, un exposant peut rencontrer une quarantaine de clients ciblés en 3 jours. L’impact du Palais Méditerranéen où sont présentés des vins à la dégustation, est aussi significatif : 5 à 6% des professionnels se rendent sur les stands par ce biais.

Vinexpo sera-t-il relevé le défi ?

Les tendances de consommation

NellyRodi (site ici) associé au salon Vinovision, décrypte les nouvelles tendances de consommation : l’angle intéressant vient de cette agence de prospective spécialisée plutôt dans la mode, l’art de vivre et de la beauté. Du coup, elle dégage 6 nouveaux moments de consommation : le brunch (moment hybride), l’apéritif (moment smart), le déjeuner (moment ouvert), la célébration (moment story-living), le dîner (moment exploratoire) et la soirée (moment funtaisie).

De quoi réfléchir à une communication tournée une mise en situation de la consommation, un choix de sa cible de consommateurs (pour la séduire tout en écartant certaines autres) et répondre aux questions qui se posent (comment, avec qui, avec quoi, quand boire un vin).

Lire aussi les articles de Rayon Boissons (ici) et Vitisphère (ici).

La guerre des sans IG et des IGP

Sur les linéaires des supermarchés Franprix (filiale du groupe Casino), les producteurs de Pays d’Oc IGP révèlent les premiers cas de vins vendus sous dénomination d’origine frauduleuse. Lire ici.