Archive for 17 juin 2015

Pourquoi je ne suis pas allé à Vinexpo

En croisant des producteurs, des metteurs en marché et même des acheteurs, je me suis rendu compte du peu d’empressement qu’ils mettaient à se rendre à Vinexpo… manque d’enthousiasme, hasard, coïncidence ou vrai marqueur de tendance ?

« Quand je dépense mon argent, j’aime savoir ce que cela me rapporte ; quand c’est gratuit, j’aime à comprendre à quoi je passe mon temps ». Cette phrase pourrait être un sujet du baccalauréat de philosophie. Elle témoigne de la nécessité réelle, supposée de rentabiliser ou du moins de maîtriser ses activités, le contenu de son emploi du temps.

Malgré les affirmations et les promesses de son Directeur, Vinexpo n’apparaît plus comme un lieu de commerce, de « business » mais reste LA vitrine mondiale du vin : certes, la responsabilité du succès d’un salon reste de l’unique responsabilité de l’exposant ou du visiteur ; à lui d’anticiper, de prendre des rendez-vous pour en assurer la rentabilité, la réussite. De nombreuses initiatives lui facilitent la tâche en amont et pendant le salon.

Mais Vinexpo n’est-il pas victime de l’image de Bordeaux ? Grands crus qui refusent de ne plus flamber, érosion permanente de ses parts de marché nationale et export, difficulté collective à s’adapter et à reprendre l’initiative … Bordeaux leader d’image incontesté, peine et voit se détériorer sa visibilité et sa crédibilité commerce / marketing.

Vinexpo comme tout salon est un thermomètre, un miroir du lieu où il se trouve.

Prix au Royaume Uni

2Bibendum, un des grossistes leaders au Royaume Uni a publié cette infographie très instructive : elle montre le poids des taxes et de la TVA dans le pays (2,05£ – en fait 2,075£ – par bouteille quelque soit le prix de la bouteille + 20% de TVA). Elle prouve surtout le flou qui règne dans le calcul des prix ; car ici on voit que le retailer prend sa marge une fois calculées la TVA et les droits !

On devrait calculer :Image1

Enfin, Bibendum qui ne précise pas à combien s’élève la marge de distribution, omet en tant qu’intermédiaire du marché, d’informer sur sa propre politique de marge : ainsi se trouve supprimer son rôle dans la filière de distribution et son poids sur le coût final du vin pour le consommateur.

Un vaste sujet à débattre donc.

Vin & GD, la révolution commerciale (2)

3ème changement : en conséquence, l’organisation même des magasins se trouve bouleversée. On constate déjà le retour en force de la proximité conjugué à l’explosion du drive (relire ici), la multiplication des innovations digitales (au delà des sites internet, de la vente à distance ou l’utilisation de tablettes, d’écrans tactiles en point de vente arrive comme support de conseil clients). Mais c’est dans l’agencement des rayons que les modifications seront les plus visibles. Intégrer le vin au cœur des produits avec lequel il est bu donne une illustration très dynamique du moment de consommation : une bouteille de blanc mise en avant à la poissonnerie, des rayons de vins dans les fruits et légumes ou à côté du fromage à la coupe… Ce retour à un éclatement de l’offre vin rappelle des initiatives prises dans les années 90 que la normalisation du marketing et de l’ameublement des points de ventes avaient ensuite empêchées.

4ème changement : prix et relations commerciales. Toutes ces évolutions sont donc avant tout qualitatives. Elles poussent le distributeur à accentuer la tendance de consommation, vers des produits plus haut de gamme. Elles montrent sur ce point, une inversion du paradigme et ce point de vue peut marquer les négociations entre acheteurs et fournisseurs, entre la grande distribution et les distributeurs.

Il leur faut en effet un vin exclusif, véhicule d’image et de savoir faire, cœur ou haut de gamme, suivi dans le temps, assisté et à marge… Lidl l’a parfaitement compris en lançant en complément de ses habituels appels d’offre, une « sélection des cavistes », sorte de gamme permanente « tournante », mise en scène dans un présentoir spécifique.

Aux vignerons et metteurs en marché de comprendre et de répondre à ces attentes nouvelles, d’anticiper les besoins de la grande distribution, en cessant trop souvent de la juger négativement.

 

Faut-il planter du blanc ?

2Numéro de juin 2015 par Clara de Nadaillac

« Des stocks à la propriété au plus bas depuis cinq ans, des cours attractifs et une demande en hausse. Le tableau est plus que favorable au blanc. Mais faut-il pour autant en planter ? Ce n’est pas si sûr. »

Lire la suite sur le site du journal ici.

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Chiffres

Glanés en ce mois de juin 2015, quelques indicateurs de tendance de l’année :

-Bordeaux, rien ne va plus : avec une baisse de quasiment 10% en volume, l’AOC continue à voir chuter ses ventes en grande distribution françaises ; elle ne suit pas la tendance globale de ce marché (entre stabilité et légère hausse). Le prix moyen (3,55€) limite la baisse du chiffre d’affaire (-3%)… un moindre mal.

-l’export français encore (et toujours ?) morose ne se redresse pas sur le 1er trimestre avec -2% en volume même si sa valeur augmente de 6% (prix moyen tous vins : 3,96€ HT départ.

4-à noter aussi que la Chine devient l’un des pays où les prix des vins exportés sont les plus bas et que les États Unis à contrario sont le marché le plus porteur tant en volume qu’en valeur.

-état des transactions en vrac :

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Les nouveaux BlancS

Image1

Tiens, tiens, voici une communication collective des vins blancs secs de Bordeaux… tous ensemble !

… à découvrir ici en détails .

 

« Les vins BlancS Secs de Bordeaux ont décidé de se mettre ensemble en ordre de marche pour communiquer de manière transversale et unie. Produire des BlancS Secs à Bordeaux c’est manifester un particularisme fort au sein de la grande famille des Bordeaux.
Les vins blancs de Bordeaux veulent montrer leur différence. Ils sont à la fois
féminins, séducteurs, inventifs, originaux, osés, extravertis, ouverts, modernistes, festifs et conviviaux.
A l’apéritif, pendant un repas, l’été et toute l’année, ils épousent toutes vos
envies. Frais, fruités, avec une jolie acidité qui éveille les papilles, ils n’ont pas
besoin d’être chers pour être grands. Incontournable avec les poissons et les
fruits de mer. Surprenant sur une charcuterie. Interpellant avec un chèvre chaud.
Dépaysant sur un plat exotique…
Les BlancS Secs de Bordeaux sont là tous ensemble pour vous séduire, alors
laissez vous faire et partez un verre à la main pour un voyage toujours différent, un plaisir si simple à redécouvrir. Lâchez-vous, exprimez votre bonheur de déguster sans culpabilité les vins que vous désirez.
Bienvenue dans le monde des BlancS Secs de Bordeaux. » Stéphane Defraine & Frederik Rudebeck, présidents du groupe au CIVB (Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux)

Vin & GD, la révolution commerciale

Juin-RBDans son numéro de juin 2015, préambule à Vinexpo, Rayon Boissons (découvrir ici le site du journal) poursuit son étude des évolutions à l’œuvre dans les enseignes de la grande distribution française : ne voulant (ne pouvant ?) se fâcher avec avec aucune d’entre elles, le magazine délivrera le 16 juin ses troisièmes Victoires du Liège * : il s’applique à donner  à chacune comme une récompense, un bon point.

Mais en réalité, son excellent dossier souligne les grands changements en cours qui bouleversent l’approche de la commercialisation et devraient influencer la stratégie même des filières : lire la suite

Bio & santé

1Bio à la une (ici), site malin d’informations créé par deux spécialistes d’internet et de la communication publicitaire, se fait l’écho de la multiplication d’études tendant à démontrer les effets bénéfiques de la consommation bio sur la santé.

Réalisée en Suède, celle sur la famille Palmber fait le buzz tant sont spectaculaires ses retombées (ici).

2Attention cependant à l’effet loupe et mode : commandée par une chaîne de distribution (les épiceries Coop), l’étude porte sur le taux de pesticides dans l’urine, bien moins pertinent et plus facile à éliminer que celui dans le sang.

Malgré ces réserves, le bon sens confirme qu’une alimentation saine vaut mieux qu’une consommation industrielle : ouf !

Biodynamie

1Découvrez ici le site de la Fédération régionale des agriculteurs bio d’Aquitaine ainsi qu’une approche pratique de la biodynamie au travers du colloque du Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique (MABD) et la CAB Pays de la Loire ici.

Pour les vignerons intéressés ou/et curieux, des fiches pratiques sont en ligne (voir ici) sur les thématiques du sol, de la plante, de la biodiversité, de la vinification ou du sujet ô combien polémique de la baisse de l’utilisation du soufre et du cuivre.