Archive for 26 mars 2015

A priori n°2

Vendre n’est pas mon métier.

Tout vigneron a un jour pensé cela : face à la complexité de la commercialisation, il s’est répété que ses difficultés, ses résultats insatisfaisants s’expliquaient d’abord ainsi. Aucun producteur n’est venu à cette activité pour vendre.

Les jeunes comme leurs aînés cherchent à exploiter une terre, à assouvir leur amour du vin, de la qualité, à donner du plaisir comme aboutissement d’un travail bien fait,… tout noble objectif bien loin de la trivialité d’un prix, d’une négociation ou de la confrontation au marché.

Pourtant… que ne devraient-ils pas médité cette affirmation sortie il y a peu de la bouche d’un de leur confrère « la reconnaissance du vin commence quand il se vend : vendre fait en ce sens partie du terroir » ! Rien ne sert en effet de vinifier le meilleur vin si personne ne le boit.

Pourtant, encore, le vigneron est devenu un technicien de pointe qui ne cesse d’appliquer à la vigne comme au chai, d’incessantes innovations : peu de professions ont autant progressé, utilisé des procédés, des normes si évolutives.

Tout repose donc sur cette croyance – dépassée – que le commerce n’est pas lui aussi affaire  d’outils et de méthodes, de moyens et d’organisation. Qu’il obéirait à des règles propres (réseau de connaissances, relationnel), qu’il faudrait un chromosome particulier pour y réussir. Il vaut mieux portant l’intégrer au vaste métier de chef d’entreprise viticole, se former si besoin pour le comprendre, l’accepter et même pourquoi pas, l’apprécier.

Car au final, seuls les fruits de la vente, d’une vente maîtrisée et rentable, assurent le revenu du vigneron et garantissent la pérennité de son exploitation.

News letter Inno’vin mars 2015

Image1(Re)découvrez les activités et les actualités du cluster de la filière vitivinicole aquitaine en lisant ci-dessous sa news mensuelle.

Connectez-vous ici sur le site pour en savoir plus encore.

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Marques en grande distribution

logo Rayons boissonsBonne illustration du poids des marques et de leur répartition (essentiellement en vin de … table ou vin de France pour celles qui n’ont pas délocalisé !) avec le classement exclusif Rayon Boissons des 20 marques les plus vendues en grande distribution.

La premières marque d’AOC est rhodanienne avec Cellier des Dauphins ; elle pèse le 1/3 du leader Roche Mazet (IGP d’Oc) avec un peu moins de 12 millions de cols contre près de 40 pour le leader. Loin derrière les deux Bordeaux de négoce occupent les 9ème (Baron de Lestac 8,5 millions) et 18ème places (Blaissac 2,9 millions : elles sous performent d’ailleurs par rapport au reste du marché.

Notons enfin que seuls 5 opérateurs se partagent ce top : Castel (Société des Vins de France, Castel Frères et Patriarche qui trustent 14 marques parmi les 20 premières !), Grands Chais de France, Skalli, l’Union des vignerons des côtes-du-Rhône et Vranken-Pommery.

Lire ici l’article complet.

Etude sur le prix

2Quand les chercheurs en économie se penchent sur la notion de prix dans le vin, voici ce que cela donne : une tentative d’analyse des facteurs qui influent la fixation et la variation des prix du vin en vrac et en bouteille ainsi qu’une volonté de prospective à 10 ans.

Si l’approche (complétée par un regard sur le Cognac) reste parfois absconse, elle permet de valider la nécessité d’anticiper et les écarts de perception entre les acteurs du marché ; elle donne aussi des éléments différenciant intéressante entre opérateurs.

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Lire la présentation complète ici (site de Larefi).

A priori n°1

La France du vin n’est pas compétitive.

Comme beaucoup d’autres mais peut-être avec une constance et un entêtement uniques, la filière viticole française se heurte à ses a priori : au regard de vos questions et commentaires (voir ici le dernier), le premier d’entre eux reste lié au déficit supposé de notre compétitivité amont. Je répète, au risque de lasser, que la compétitivité est une possibilité, une capacité à obtenir de bons résultats et non l’assurance de les atteindre à tous coups.

La compétitivité de la France pour sa production viticole repose sur plusieurs axes. D’abord, sur sa superficie et son potentiel à la fois de rendement et de volumes. Ensuite et c’est un paradoxe pour beaucoup de vignerons, sur son organisation : la règlementation des appellations, un modèle copié dans le monde entier, les soutiens financiers massifs basés sur une stratégie  amont ; aujourd’hui par exemple, les replantations sont subventionnées pour permettre une densification plus qualitative et porteuse de régularité volume. Enfin son marché intérieur protégé lui donne des débouchés garantis.

Ses faiblesses sont et c’est un mal national, dans la non exploitation de ses points forts : ainsi la capacité à produire demeure très contrainte par le rendement autorisé et des pratiques œnologiques qui n’appliquent pas les avancées de la recherche (taille, environnent, etc.).

La France peut malgré ses lourdeurs administratives et sa crise de la représentativité ; elle peut malgré les difficultés que beaucoup vivent au quotidien. Elle n’a pas besoin de changer mais de vouloir. Si Castel délocalise, s’il ose signer des marques aussi françaises que Patriarche ou Cambras avec du vin espagnol, c’est qu’il applique une logique financière en achetant son vrac au prix le plus bas possible ; c’est qu’il profite aussi de la faiblesse de la coopération qui, à l’inverse de sa consœur italienne, ne maîtrise aucune des grandes marques.

Ce constat répété depuis 2001, date de la première étude France Agrimer, ne devrait pas généré autant de frustration, d’opposition entre acteurs de la filière : souligner cette force collective mal traduite en résultats concrets, devrait donner des perspectives et de l’espoir.

E2M news

1Toujours informative, la lettre de l’Entre-2-Mers explore ce mois-ci l’impact de la restructuration de son vignoble : où l’on se rend compte que la densification donne des résultats positifs aussi bien en terme qualitatif que quantitatif. Un exemple à étudier : lire la News mars 2015.
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Banque alimentaire

2Samedi 21 mars 2015 à la Banque Alimentaire de Bordeaux vente de vins et de bières. De bonnes affaires pour une bonne cause ! banquealimentaire33.org

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Faut pas Poussart !

Rémy Poussart

Rémy Poussart

C’est un drôle de journaliste belge (évidement) qui bouscule tous les codes et s’en amuse : très peu de médias relaient son guide (il suffit pour s’en convaincre de Googliser son nom) qui pourtant démontre depuis 3 ans (pour les millésimes 2007, 2008 et aujourd’hui 2009) que l’étiquette, la réputation et le prix ne veulent plus dire grand chose. Les meilleurs vins ne sont donc pas là où on les attend ; si le constat paraît pour beaucoup, une évidence, Rémy Poussart le prouve, dégustation à l’appui (et en ayant acheté la plupart de ses bouteilles !).

Remercions Sud-Ouest de mettre dans la lumière ce trublion intelligent qui affirme que « beaucoup de crus classés sont connus de tous comme n’étant pas bons, il faut bien le reconnaître. Je pense que beaucoup de producteurs se réfugient derrière un nom et un terroir réputé pour ne pas faire les efforts qu’ils devraient faire. Croizet-Bages, Cantemerle, Camensac, même la Lagune, c’est de plus en plus mauvais je trouve. »

Ça balance et on en redemande : « pour faire nos guides, on ne goûte que des vins qui sont déjà en bouteilles, pas des échantillons tirés sur fûts ou sur cuves » ; les journalistes du vin… « pour moi c’est une confédération lamentable, pleine de pique-assiette et de gens malhonnêtes. »

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Lisez donc l’interview complète ici. Et pour être complet et honnête, les deux autres seules références au guide trouvées sur le net : Alexis Sabourin (ici) et Vin Québec (ici). Vous pouvez aussi le commander directement sur son bizarre site ici !

Grande distribution

Petite (ou grande révolution) dans la grande distribution française : Auchan et Système U se rapprochent ; l’enseigne de supermarchés Simply Market devrait passer Super U.

logo Rayons boissonsvoir l’article complet ici.

 

bordeauxprof.com

Utiliser les ressources du collectif, peut se révéler judicieux : sur le site interprofessionnel bordelais, chaque membre de la filière peut trouver des informations pratiques et opérationnelles liées à l’aval : actions marketing, études de marché, profil des clients export, … donnent si l’on accepte d’y consacrer (beaucoup) de temps, une source précieuse d’analyse et de choix stratégiques.

Une découverte s’impose : bordeauxprof.com.

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