Archive for 24 février 2015

Le « made in France » de Castel

logo Rayons boissons« Cambras bascule en cépages à 100 % d’origine Espagne [J.B.] 18 février 2015

A l’image des signatures de Patriarche (Cramoisay, Lichette et Champlure), la marque du groupe Castel tire un trait sur l’origine France. Numéro un des vins de cépages sans indication géographique, Cambras s’approvisionne désormais en Espagne » lire la suite de l’article de Rayon Boissons ici.

Compétitivité & investissements

L’étude BVA rendue publique lors de Vinitech (voir l’article du 19 décembre 2014) démontre le paradoxe français :

1/Une baisse des investissements « aval » liés au commerce et au marketing dans un contexte de progression continue des dépenses « amont » de production :

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2/Alors même que la compétitivité globale de la France ne chute QUE dans la partie ventes :

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Lire ici le détail de l’étude analysée.

Export Aquitaine 2015

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Consulter le programme complet ici.

Bordeaux au top

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Compétitivité

Il faut lire le commentaire d’Olivier Metzinger (ici) non pour polémiquer à la fois sur la forme et le fonds mais pour saisir la difficulté de convaincre, d’avancer, de progresser tous ensemble alors que les situations individuelles poussent à la colère, à la mise en cause personnelle ou à la simplification.

Car ici, la discussion soulevée se heurte à une réalité macro-économique qui la vide de toute substance : depuis 2001, la France n’est  pas en retard de compétitivité dans la filière viticole mondiale, comme le montre l’étude France Agrimer :

étude de compétitivité des 15ers opérateurs mondiaux

étude de compétitivité des 15ers opérateurs mondiaux

Mais, comme trop souvent, il est plus facile de trouver une explication simple que de s’attaquer, à partir du contexte évalué et chiffré, à changer durablement le réel.

Export (suite)

Commentaire de Nathalie Feydieu, productrice en Blaye-Côtes de Bordeaux :

« Pfff…l’Europe (autrement nommée « le Vieux Continent ») perd des parts de marché au profit du « Nouveau Monde »…! Est-on tellement vieux dans nos méthodes (et donc nos résultats…) ou bien voit-on apparaître la problématique des volumes disponibles ou non-disponibles car non-produits au nom de la qualité, de la régulation du marché… si chère à Fabrice ??? »

Réponse :

Opposer nouveau et vieux monde conduit à oublier (malgré une année 2013 très mauvaise), les succès de l’Espagne et de l’Italie : la France est durablement à la traine de la croissance à la fois de la consommation et des volumes échangés dans le monde. Or, les études France Agrimer le démontre, elle reste depuis 2001 dans le top 4 des pays les plus compétitifs ; elle a même amélioré cette position, se classant 2ème en 2013 !

Le seul critère où elle n’arrive plus à affronter la concurrence est la « capacité de ses opérateurs à conquérir les marchés », c’est-à-dire à la fois sa présence dans les pays cibles et les investissements liés à la commercialisation.

C’est là qu’il faut chercher l’explication à nos difficultés.

La faible disponibilité est un phénomène mondial promu par la politique européenne de limitation des surfaces que la France a relayé par la baisse des rendements (voir l’article «Dépressifs s’abstenir…»). La situation est devenue ubuesque puisque la consommation mondiale comme les exportations sont freinées depuis 3 ans par le manque de volume.

Pour le reste, il ne me paraît pas juste de donner à l’adjectif « vieux » une connotation négative : c’est en effet le modèle de production européen basé sur l’origine (AOP / IGP) qui a obtenu l’approbation du consommateur mondial et a conduit tous les pays à le suivre … loin de l’approche industrielle centrée sur les seuls marques et cépages des débuts du « nouveau » monde.

 

Export

Voici les données mises à jour de l’export mondial :

Export France (millions d'hl)

Export France (millions d’hl)

A noter : 1995 / 2013 potentiel export perdu : 9,2 millions d’hl soit 6,18 milliards d’€. Volume France exporté en 2013 en maintenant la part de marché 1995 : 23,8 millions d’hl soit la place de n°1 mondial.

Part de marché monde

Part de marché monde

Retrouvez tous les chiffres du marché ici.

Source : OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin)

ANPAA (suite)

drapeau_vinComme l’interprofession bordelaise, je vous encourage à lire l’interview d’Alain Rigaud, le président de l’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie) sur le blog « No Wine is innocent », écrit par Antonin Iommi-Amunategui, drôle de zouave qui se définit comme « empêcheur de boire en rond », écrivant « la moitié de ses textes en écoutant Joy Division ». « Pour lui le vin ne doit pas porter de mocassins à gland, mais des banderoles de manif. Il a également prévu d’être réincarné en Pussy Riot. »

Vous pourrez ainsi vous forger votre propre opinion (cliquer ici). Mes morceaux choisis: lire la suite

Dépressifs s’abstenir…

…à la lecture de lettre économique du CIVB : baisse des cours, chute des sorties de chais de 9% sur les 12 derniers mois (-3% pour les bouteilles, -15% pour le vrac), repli marqué des volumes export (-9% d’octobre 2013 à octobre 2014) avec la fin du miracle (mirage ?) chinois à -25% conjugué (ce qui est nouveau) avec un effondrement de la valeur (-19% ; -35% au Royaume Uni !) qui démontre que les grands vins sont aussi touchés et enfin (ouf) poursuite de l’érosion des ventes en grande distribution française (-6% sur 12 mois glissants, -12% pour les rosés).

Seule éclaircie à noter, les blancs secs continuent à augmenter leurs ventes (+3%).

La faible récolte 2013 ne peut tout expliquer et la situation des Bordeaux pourrait se caricaturer ainsi : la production des années 1990 s’élevait à 6 millions d’hectolitres (à 60hl/ha) avec un potentiel maximal de 7,5 millions d’hl (125 000 ha x 60 hl)… mais comme les ventes ne dépassaient pas 5,5 millions d’hl, les surfaces (-12 000 ha) et les rendements ont été volontairement réduits pour ne produire que ce qui était écoulé. Au nom de la qualité, du supposé équilibre offre / demande, cette politique semblait une évidence.

Aujourd’hui, la production potentielle plafonne à 5,5 millions d’hl et les ventes ont baissé à moins de 5 millions d’hl… prochaine étape : produire 5 millions d’hl ou enfin penser une stratégie de conquête des marchés pour vendre 6 voir 7,5 millions d’hl ?

Bio

Un nouvel exemple des difficultés à la fois de développer le bio en France et de construire des structures mixte négoce  / production.

Les surfaces en conversion bio s’effondrent entre 2011 et 2013 après avoir quintuplées dans les 5 années précédentes. Si le bio continue à avoir le vent en poupe auprès des consommateurs (=15% en 2013), les volumes vendus notamment dans les circuits massifiés (grandes sur faces spécialisées, super et hypermarchés), ne suivent pas l’explosion des volumes mis en marché. Structurellement, les vins bio sont sous représentés sur les étagères de ces magasins (moins de 3 bouteilles vendues sur 100 en grande distribution est bio).

logo Rayons boissonsL’entreprise de Gilles Louvet, CLVD, spécialiste du vin bio a été placé en redressement judiciaire le 13 janvier 2015, suivie d’une période d’observation de six mois. En 2014, l’entreprise a commercialisé six millions de cols et réalisé un chiffre d’affaires avoisinant les 15 millions d’euros. Pionnier du bio, Gilles Louvet a créé l’entreprise en 1993 et a multiplié les partenariats avec l’amont pour garantir ses approvisionnements en vin bio. Il s’est aussi lancé dans l’acquisition de vignobles et possède ainsi 133 ha de vigne classées en pays d’Oc, Saint-Chinian, Maury, muscat de Rivesaltes, côtes du Roussillon villages et terrasses du Larzac. Les difficultés financières du groupe seraient liées à des opérations de croissance externes, l’acquisition entre autres d’un centre de conditionnement de Bib en 2012 à Saint-Christol-les Alès (Gard).

Sources : Infoscan et IRI