Archive for 31 mars 2014

Nouvelles de la grande distribution

par logo Rayons boissons:

1/ Intermarché affiche ses ambitions en foires aux vins

Les Mousquetaires enregistrent l’une des plus fortes progressions de chiffre d’affaires sur les foires aux vins d’automne 2013. Et préparent une opération de printemps ambitieuse en mai prochain.
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À propos de compétitivité

La compétitivité, au cœur des discours économiques et politiques, reste une notion mal connue et qui prête à controverses. Elle désigne en effet  une «capacité», un état de fait potentiel et non une réalité achevée ou constatée.

Un pays ou une entreprise compétitifs se trouvent au cœur d’un marché «libre et équitable» selon L’OCDE* et sont capables à la fois de vendre et de créer de la richesse. Cette approche, relativement libérale et en tout cas capitaliste, sert aujourd’hui de repoussoir au même type que la monnaie (l’euro) ou l’Europe : nos difficultés naitraient dans notre incapacité à être compétitif.

Pour démontrer cette faiblesse structurelle, la compétitivité-coût («nous produisons trop cher», «nos salaires et/ou charges sont trop élevés») et en conséquence notre productivité («nous ne travaillons pas assez», «nous sommes écrasés de normes et de lourdeurs administratives») sont placées au centre des explications et sources de nos maux.

Bien sur et comme conséquence, une stratégie de dérégulation, de baisse des charges et de dégonflement de la pression de l’état s’imposerait comme solution évidente. La démonstration se clôture par les inévitables modèles étrangers qui ont suivi cette voie, allemand en tête.

Il devient donc urgent de confronter la réalité à ce dogme. lire la suite

Export Bordeaux : encore des progrès à faire

Les chiffres 2013 de Bordeaux montre un repli de 2% en volume (à 2,31 millions d’hectolitres) et 6% en valeur (à 2,14 milliards d’€) : en cause la Chine (-16% et -23% via Hong Kong) même si l’on constate que 7 des 10 premières destinations export sont en baisse.

Ainsi, le sursaut pourrait bien s’épuiser faute de débouchés chinois : lire la suite

Marché 2014

Image1Retrouvez la première mise à jour de Image1« présentation du marché 2014 » avec les statistiques de l’OIV pour l’année 2013 et leurs analyses. Vous pourrez suivre leur mise à jour sur la page « http://nemesis-fc.fr/mes-publications/« .

Pour une véritable politique viticole nationale.

La France gère chaque année plus de 280 million d’€ par an via l’OCM vin. Les interprofessions génèrent d’énormes CVO (180 millions d’€ pour 21 institutions) dont la gestion a souvent été critiquée par la Cour des Comptes : réserves pléthoriques (8,3 millions pour la Champagne-CIVC, 17,4 pour Bordeaux) et valeurs mobilières de placement sans rapport avec leur activité (10,24 millions pour le CIVC)*.

 

La France est le 1er pays au monde pour le soutien amont comme aval de sa filière**.

 

Pourtant, la part de marché des vins français ne cesse de baisser depuis 20 ans ; la réduction quantitative de l’offre (arrachage, baisse des rendements) alors que la consommation et l’export progressent, n’empêche pas la baisse des prix à la production ; vignerons et négociants semblent isolés, dans l’incapacité de faire face aux défis internationaux (concurrence, faiblesse des stocks, évolution climatique, etc.) ; enfin, des territoires se paupérisent en silence laissant un patrimoine foncier sans défense face aux appétits des promoteurs.

 

La France recèle encore des atouts considérables et reste le 3ème exportateur et le 2ème pays le plus compétitif : son image, la qualité de ses vins, la puissance de son marché intérieur restent des axes stratégiques forts.

 

Cette gabegie encouragée par l’Europe – 4,2 milliards d’€ dépensés en 10 ans pour la disparition de surfaces plantées qui la conduit à ne plus être auto-suffisante ! – doit cesser : sans tomber dans une doxa libérale qui supprimerait toute aide publique, il faut redéployer ces moyens au service d’une politique nationale ambitieuse et mobilisatrice.

 

Elle pourrait valider quatre priorités : mettre en avant la marque France, fixer des objectifs (25 millions d’hl à l’export sous 5 ans), financer le commerce plutôt que la promotion (un % reversé par exemple sur les ventes additionnelles), soutenir la trésorerie et la transition écologique.

 

De façon simple, claire et volontariste, la France se doterait enfin d’une ligne directrice pour retrouver le chemin de la croissance. 2ème contributeur de la balance commerciale, le vin a encore un potentiel considérable : ce sont 7,8 millions d’hl et 5,25 milliards d’€ qui s’envolent chaque année faute d’avoir maintenu ses position depuis 20 ans !

*rapport Cour des Comptes 2002

**étude de compétitivité de France Agrimer

Débat (suite) : arrêter de se dresser les uns contre les autres

« Cher Fabrice,

Je prends quelques minutes pour réagir à mon tour.

Je suis d’accord sur le fait qu’il faut nous adapter à l’environnement qui est le notre et que Bordeaux est manifestement incapable d’appliquer une stratégie claire et des outils commerciaux efficaces pour s’en sortir (et chacun de nous en porte une part de responsabilité).

Cependant il ne faudrait pas oublier le contexte que l’on nous impose. Monsieur Montebourg ne cherche de répéter que notre monnaie est trop forte et qu’elle pénalise nos exportations. Vu que la filière du vin est le deuxième exportateur net, nous sommes directement concernés par cette déclaration. Pourtant rien ne se passe.

Dans le même, on nous impose des normes sanitaires et administratives de plus en plus lourdes et oui l’Europe a une responsabilité dans tout cela.

Je rajoute à cela la pression excessive de la grande distribution (pas toute d’accord) qui est l’un de nos premiers clients et que les pouvoirs publics laissent pratiquement libre de mettre toute la profession agricole à genoux !

D’autre part, ces vignerons qui ont manifesté, et que je soutiens totalement dans cette démarche pour les raisons que je viens d’avancer, même s’ils avaient mis en place un système commercial efficace pour vendre leur récolte, n’auraient jamais pu survivre à une récolte, pour certains, complètement perdue !

Alors je veux bien que l’on nous dise de s’adapter mais je trouve particulièrement dégueulasse qu’on nous mette des boulets aux pieds en nous disant, dans le même temps, de courir plus vite pour s’en sortir ! » Grégoire de Fournas
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Débat

L’article (ci-dessous) commentant la création de l’association «SOS vignerons sinistrés» a immédiatement provoqué des réactions – sur le réseau Linked-in en particulier, ce dont je me félicite : le débat m’a toujours paru indispensable, surtout dans des périodes de remise en question, de doute, de difficultés. De la confrontation des idées et des opinions peut naître une intelligence collective seule apte à trouver des solutions pérennes, comprises et acceptées par tous. Merci donc à ceux qui participent à cet exercice démocratique et voici leurs contributions accompagnées de commentaires :
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SOS

étape 1/ mobilisation : création d’une association « SOS Vignerons sinistrés »

« La grêle qui s’est abattue sur les vignes en août dernier, plusieurs la surnomment « la goutte d’eau ». Celle qui les précipite vers la banqueroute. Plus de quatre mois après le violent orage, qui a particulièrement ravagé les vignobles de l’Entre-deux-Mers, une association vient de se créer dans le département. « SOS vignerons sinistrés » souhaite rassembler un maximum de viticulteurs se retrouvant dans une situation financière désastreuse.

Mercredi soir, dans la salle des fêtes de Nérigean, une grosse soixantaine de professionnels de la vigne ont donc assisté à l’assemblée constituante de la toute nouvelle structure qui se veut apolitique et en dehors des syndicats. « Les syndicats ne sont pas représentatifs de la base, explique Jean-Etienne Garzaro, viticulteur à Nérigean et Baron. Et nos revendications ne sont pas représentées par les syndicats. »

Les aides déjà apportées par les collectivités ou l’Etat, s’ils ne crachent évidemment pas dessus, demeurent « insuffisantes ». SOS vignerons sinistrés, pour sa première sortie, a donc lancé quelques pistes de travail : la suppression des mesures d’exclusion des aides pour ceux qui ne sont pas assurés, réclamer davantage d’aides directes des collectivités et de l’inter-profession, la mise en place d’une caution bancaire par le CIVB, le dégrèvement des cotisations MSA et CIVB ou la possibilité de toucher le RSA dès le début d’année prochaine.

« Notre but, c’est d’aller au devant des collectivités, de l’interprofession en tant que sinistrés, de renouveler des demandes précises car ces instances n’ont pas pris la mesure du drame qui se noue », livre Dominique Techer, un autre viticulteur.» Sud Ouest 12/12/2013 Contact : sos.vignerons.sinistres@gmail.com Présidente Florence Cardoso 06 43 86 80 19

étape 2/manifestation

Article blog Sud Ouest

«Des années voire des décennies que Libourne, la cité sous-préfecture girondine, n’avait pas vu ça. Ce mercredi matin, comme annoncé, une trentaine de tracteurs et plusieurs dizaines de viticulteurs, venus des cantons de Branne et Castillon-la-Bataille, ont gagné la bastide et manifesté pour qu’on leur vienne en aide.

L’association SOS Vignerons sinistrés, créée en fin d’année dernière et à l’origine de cette action, a appelé ce rendez-vous, « le jour des oubliés ».

Touchés par les grêles ravageuses de l’été 2013, ces viticulteurs réclament notamment la « suppression des mesures d’exclusion pour accèder aux aides » et particulièrement des « aides directes de l’interprofession (le CIVB, Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux) », fortement pointée du doigt lors de cette manifestation.

Ce mercredi matin, sur une tribune dressée sur la place Abel Surchamp, colonisée par les tracteurs et les pancartes, les viticulteurs sont venus s’exprimer sur leur situation financière précaire. Selon Dominique Techer, membre de SOS Vignerons sinistrés, plus de 2000 exploitations seraient dans le rouge à cause de soucis économiques.

Certains élus, notamment le député Florent Boudié, les conseillers régionaux Philippe Buisson et Jean-Paul Garraud et les conseillers généraux Guy Marty et Isabelle Hardy, sont venus les soutenir.

Une délégation de viticulteurs a également rencontré le sous-préfet, Eric de Wispeleare, en fin de matinée.» Sud Ouest 12/03/2014

étape 3/ rien… ou quoi ?

Une nouvelle fois – après les collectifs de l’Entre-2-Mers puis de Castillon, après le comité d’action anti-CVO – la base des viticulteurs girondins s’est retrouvée pour essayer d’être entendue et d’influencer les politiques et les institutions. Chaque fois, le soufflet est retombé sans résultats concrets, laissant beaucoup d’amertume dans la bouche de ces « indignés » sincères, en situation économique tendue voir dramatique et trop isolés.

Un constat si cruel devrait amener à tirer quelque enseignements même si pour l’instant, il n’en est rien : au delà de la nécessaire colère à chaud, de l’élan qui réunit et ouvre la voie à la solidarité, ces producteurs doivent comprendre que leur destin ne se joue pas à court terme et qu’il reste entre leurs mains.

S’il faut des mesures immédiates qui sauvent, donnent un bol d’air immédiat, les vignerons doivent mesurer leur force : à chaque fois, ils sont plusieurs centaines à se mobilier.

Que ne se retrouvent-ils si nombreux à peser sur les élections professionnelles, à se présenter en liste pour jouer le jeu de la démocratie aussi imparfait soit-il.

Que ne formalisent-ils pas un plan de mesure qui leur assure non la survie mais la rentabilité, l’efficacité, la capacité de vendre pour obtenir un revenu digne de leur travail.

Ces groupes doivent produire du contenu capable d’influencer – notamment l’interprofession – plutôt que de condamner, de rejeter la faute sur « l’autre », du négociant à l’Europe en passant par le CIVB et le gouvernement. Offrir une plateforme mobilisatrice et positive de propositions qui se détachent du corporatisme et de la demande de subventions si peu compréhensible pour le public en période de crise économique.

Mais ce n’est qu’un vœu pieux…

Bordeaux, la côte d’alerte (suite)

Si Bordeaux glisse en volume (-2,4% sur les 12 derniers mois, -5,7% en 2013) et décroche en valeur, il le doit d’abord à trois phénomènes :

-le recul des châteaux par rapport aux MDD (marques de distribution) et dans une moindre mesure des marques nationales;

Image1

-un poids promotionnel qui reste très au dessus de la moyenne du marché et des autres AOC :

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-les prix exorbitants des grands crus (60€ la bouteille en 2012 !) qui ont fini par casser les ventes en foires aux vins (ici en milliers de litres):

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En laissant se détériorer ce qui peut apparaître comme les bases de la vente en grande distribution, Bordeaux traverse plus qu’une simple crise conjoncturelle dans ce réseau : image, niveau de prix, volume, plus rien de positif dans les items de la vente.

Sources : IRI, CIVB ; infographies : Rayon Boissons

Le marketing œnologique ou le choc des cultures.

Rien de plus dissemblable à l’origine, que marketing et œnologie et se risquer à accoler en épithète le second au premier peut s’avérer un rien provocateur. Les racines étymologiques des deux mots signalent leurs différences et leur opposition : marketing vient de l’anglais signifiant « marché » qui bien que puisé aux sources du vieux français « marchiet » et donc du latin « mercatus », est une création récente liée au commerce. Œnologie vient d’ « oînos » (vin) et de « lógos » (science, discours) : ces racines grecques démontrent le caractère millénaire du mot, aussi bien que de la chose.
Le marketing ou mercatique, reste une action théorisée tardivement ; elle occupe une place centrale dans l’entreprise depuis les années 1970. Ce processus permet la conception d’un produit ou d’une offre qui présentent un intérêt, une valeur, pour tous les tenants du marché : il place le consommateur, ses attentes et ses besoins au cœur de l’analyse, le producteur devant s’adapter à ces évolutions en tenant cependant compte de ses propres contraintes (environnementales, culturelles, financières, légales,…). Cette définition s’applique ou plutôt s’impose à tous les acteurs et échelons de la viticulture.
L’œnologie, sans contexte, est elle une science qui se consacre à l’étude technique du vin.

Très vite cependant et de façon assez paradoxale se dévoilent des proximités entre œnologie et marketing : comme pour le second, la première a donné naissance à des « hommes de l’art », des œnologues qui dépassent la seule expérimentation pour se plonger dans l’action et « assurer la pleine responsabilité de l’élaboration des jus de raisin, des vins et des produits dérivés du raisin.(1) »
Comme pour le second l’œnologie a été formalisée au XIXème siècle (2) dans le but de soutenir la production, en priorité sur le plan qualitatif, mais aussi quantitativement et économiquement. Le marketing quant à lui, intègre de plus en plus et au-delà de la conceptualisation, le produit, son origine, son identité comme fondement.
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